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Asie du Sud-Est - Cambodge

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POUR APPROFONDIR - Le point sur l’actualité politique et sociale du 18 février au 25 mars 2013

POUR APPROFONDIR - Le point sur l’actualité politique et sociale du 18 février au 25 mars 2013

27/03/2013

Politique intérieure

* Le Parti du Salut National Cambodge (formé par la fusion du Parti Sam Rainsy et du Parti des Droits de l’Homme, de Khem Sokha) tiendra son premier congrès en avril dans lequel il annoncera sa plateforme politique et ses candidats en vue des élections de juillet prochain. Il promet d’ores et déjà d’augmenter les salaires des ouvriers à 150 dollars, ceux des fonctionnaires à 250, ...

... ainsi que de donner une retraite de 10 dollars mensuels aux personnes de plus de 65 ans. Il se propose de trouver l’argent en taxant les casinos et les concessions de terrains, ainsi que par la suppression de la corruption.

* 4 000 membres du Funcinpec tiennent leur congrès annuel le 23 mars et élisent la princesse Arun Réasmey comme présidente du parti. La princesse est la fille du roi défunt et sœur de Ranariddh. Nhiek Bun Chhay est confirmé à son poste de secrétaire général, et Sao Rany, le principal instigateur de l’exclusion de Ranariddh, comme secrétaire-adjoint.

* Au moins dix députés du PPC sont priés de ne pas se représenter aux prochaines élections législatives pour laisser la place aux jeunes. Les trois fils du Premier ministre Hun Sen ainsi qu’un fils de Sar Kheng (ministre de l’Intérieur), de Say Chhum (vice-président du Sénat), de Dith Minthy (président de laCour suprême), de Sok An (Vice-Premier ministre) seraient également candidats. La perennité du pouvoir PPC est donc assurée. Les 16-17 mars, les 2 000 membres du PPC réunis pour le congrès annuel du parti désignent Hun Sen comme l’unique candidat au poste de Premier ministre.

* Le 27 février, Comfrel (Association cambodgienne d’observation des élections) déclare que le NEC (Comité national des élections) a rejeté plus de 60 % des recommandations que les diverses associations de surveillance des élections lui avaient soumises (notamment celle demandant que les membres de la police et les fonctionnaires ne participent pas à la campagne électorale). Seul le PPC refuse de révéler le financement de sa campagne.

* Selon NIFEC (Comité neutre et impartial pour des élections libres au Cambodge), sur 4 900 personnes interrogées, 10,4 % ne trouvent pas leur nom inscritsur les listes électorales (7,7 % en 2008) ; 9 % des votants aux dernières élections ont été frauduleusement rayés des listes ; les dates de naissance de seulement 63 % d’entre eux correspondent à celles de leurscartes d’idenntité... ce qui risque d’engendrer des difficultés lors du scrutin pour 37 % des votants. Il y a 900 bureaux de vote prévu, mais le CNE n’en relève que 144. Selon cette étude, les conditions des élections de 2013 sont pires que celles de 2008.

Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC)

* Ieng Sary, 88 ans, décède le 14 mars à l’Hôpital khméro-soviétique où il avait été admis le 4 mars. Nº 3 du régime, ancien ministre des Affaires étrangères, rallié au gouvernement royal le 8 août 1996, avec la moitié des effectifs de l’armée du Kampuchéa Démocratique, il avait précipité la fin du mouvement khmer rouge. Le 21 mars, plus de 1 000 personnes se rassemblent pour sa crémation à Malai (province de Banteay Méan Chhey). Ieng Thirith, son épouse, atteinte de la maladie d’Alzeimer, a fait le déplacement.
- En 1975, il avait été l’artisan du retour d’environ 1 700 étudiants de l’étranger ainsi que de leur rééducation. Trois quart d’entre eux sont morts. Ieng Sary est tenu pour un tueur avéré.
- Le 8 août 1996, lors de sa soumission au gouvernement royal, il aurait emporté avec lui le magot des Khmers rouges que l’on estime généralement à 20 millions de dollars (certains, à l’époque, avançaient la somme de 80 millions). Il était en effet le trésorier du régime et détenait, à ce titre, un compte à son nom dans une Banque de Hongkong par laquelle transitait l’aide chinoise. Il comptabilisait également les recettes provenant de la vente des rubis de Païlin et des coupes de bois (estimées à 200 millions par an). Après son arrestation, en 2007, il a cependant déclaré, ainsi que son épouse, être « indigent », et le CETC a dû débourser des milliers de dollars chaque mois pour ces deux accusés. Plusieurs associations demandent que soient saisis ses avoirs, comme cela a été fait pour ceux du président Ferdinand Marcos aux Philippines, ou de Charles Taylor au Liberia, et de les reverser à ses victimes.
- Bon nombre d’associations demandent instamment aux CETC d’accélérer la procédure pour éviter que Nuon Chéa, 86 ans, Nº 2 du régime et assez mal en point, ne meure avant la fin du procès. Du 2 au 19 février, il a encore dû faire un séjour à l’hôpital.

* Le 26 février, les pays donateurs d’aides se mettent d’accord sur un budget revu à la baisse pour 2013 : 28 millions de dollars pour le côté international (au lieu de 31,8) et 9,4 pour le côté cambodgien (au lieu de 9,8). La communauté inernationale est réticente à continuer son financement en raison des soupçons de corruption et d’interférences politiques, jamais élucidés. Le 25 février, le Royaume-Uni accorde un don de 2 millions de dollars.

* Le 4 mars, le Tribunal cesse son travail à cause de la grève des 30 traducteurs, qui n’ont pas été payés depuis décembre. Le 14 mars, ils acceptent de reprendre le travail du 18 au 31 mars, suite à la promesse qu’on leur versera le salaire du mois de décembre grâce à un don de 300 000 euros de l’Union européenne. Si leurs contrats ne sont pas signés, ils se remettront en grève le 1er avril. Plusieurs des 270 Cambodgiens membres des CETC ont quitté leur travail pour chercher de l’embauche ailleurs. Selon l’article 15 de l’agrément signé entre les CETC et le gouvernement cambodgien, les émoluments du personnel cambodgien doivent être versés par le gouvernement. En réalité, les donateurs les ont honorés jusqu’à présent, le gouvernement ne payant seulement 1,8 million de frais d’intendance et de maintien des structures. Le gouvernement fait savoir que le budget des CETC dépasse de 270 % le budget national de la Cour suprême et de 300 % celui de la Cour d’appel.

Economie

Agriculture

* Selon le Premier ministre, 1,2 million d’hectares, sur les 1,5 million accordés en concession à des sociétés privées, seraient plantés en hévéas, dont 300 000 sont en production, et employent environ 100 000 travailleurs. Dans les cinq années à venir, 840 000 hectares seraient saignés et emploiraient 1,3 million de travailleurs. 45 % des superficies seraient aux mains de petits planteurs. On s’étonne toutefois que les exportations de caoutchouc sec ne soient que de 50 000 tn par an, niveau d’avant 1970, quand les plantations ne couvraient que 80 000 hectares... Selon le Premier ministre, 54 % du territoire cambodgien, soit 9,2 millions d’hectares, seraient couverts de forêts.

* Le 22 février, le Conseil des ministres approuve un projet de loi sur l’agriculture : actuellement, il existe 376 coopératives qui regroupent 35 000 membres. Il suffit de 25 personnes pour former une coopérative.

Energie

* Selon le Premier ministre, neuf barrages hydo-électriques (stœung Atay (120 MGW), stœung Tatai (246 MGW), stœung Russei Chrum(338 MGW), Sesan 1 et 2, Kamchay (190 MGW) et KiriromI (12 MGW)-Kirirom II (18 MGW)-Kirirom III) et huit centrales au charbon devraient fonctionner à plein régime en 2020 et fournir ainsi de l’électricité à 70 % des villages, contre seulement 23,5 % actuellement. Les compagnies gestionnaires des barrages bénéficient généralement d’un contrat d’exploitation de 45 ans, après quoi (quand les turbines seront hors d’usage) ces barrages seront exploités par le gouvernement. A la fin de la saison sèche, les coupures de courant sont fréquentes à Phnom Penh, car les barrages sont peu alimentés en eau.

Tourisme

* Un journal bi-hedomadaire de 36 pages en langue allemande est édité désormais à 5 000 exemplaires. Environ 72 000 germanophones visitent chaque année le Cambodge.

Dons et investssements

* Après Mercedes et BWM, Porsche investit 2 millions de dollarsau Cambodge, et espère vendre entre 40 et 50 véhicules en 2014, chacun pour un prixcompris entre 100 000 et 200 000 dollars. Pendant l’exposition tenue les 16-17 mars, une Land Rover a été vendue 205 000 dollars. Il convient de rappeler qu’un tiers de la population cambodgienne gagne moins de 40 dollars par mois... Le congrès annuel du PPC, tenu à la même date, et tout près de l’exposition, permettait de constater de visu comment les dignitaires du régime rivalisent dans l’obstentation de leur richesse, par leurs voitures de luxe...

* Des rumeurs font état de l’achat par le gouvernemenet d’un A320 de 150 places, pour une somme de 91,5 millions de dollars, réservé exclusivement au transport des cinq plus hauts dignitaires du régime. On dit ensuite que ce avion est loué, « à un prix vraiment modeste » par un pays ami, que cette location revient moins cher que l’achat de vols sur des sociétés privées. Ces achats coûtent entre 2,5 à 3 millions de dollars par an. Or, le seul entretien d’un tel avion reviendrait à un million par an. La compagnie nationale Angkor Air dispose de deux ATR-62 de 65 places et d’un airbus A321 de 184 places. Le Conseil des ministres finit par révéler qu’il a loué cet appareil à la société China Southern Airlines, mais sans en indiquer les conditions.

* Le ministre des Finances envoie une lettre de félicitations à Mme Chhœung Sophéap (alias Yey Phou), patronne de la Phéapimex (318 000 hectares à Pursat), épouse de Lao Meng Kin (propriétaire de la concession de Bœung Kâk), pour avoir payé l’intégralité des taxes sur le sable pompé du Mékong afin de combler l’étang de Bœung Kâk.

* En avril, une société cotée au NASDAQ américain, Entertainement Gaming Asia, va ouvrir un deuxième casino à Poïpet, après celui de Païlin ouvert l’an dernier. C’est cette société qui fournit la plupart des machines de jeux aux autres casinos. Ses revenus ont crû de plus de 20 millions de dollars en 2012.

* Le 11 mars, l’Agence française de développement (AFD) signe un accord de 47,7 millions de dollars, dont un prêt de 39 millions pour la construction du système de purification de l’eau de Phnom Penh. La première phase des travaux sera terminé en 2013, la seconde phase sera en 2020. 8,7 millions consiste en dons, dont 3,5 millions destinés à l’Institut Pasteur. Cet Institut fête ses 60 ans de présence au Cambodge. Il comprend 165 employés, en majorité cambodgiens, et passe pour être le meilleur de la région sur le plan scientifique.

Société

* Selon le CDRI (Institut de recherche sur le développement du Cambodge), 53 % de la population gagne moins de 2 dollars par jour.

* En 2012, les investissements étrangers ont crû de 44 % par rapport à 2011 et s’élèvent à 1,3 milliard de dollars. Durant les neuf premiers mois de 2012, un quart des investissements, soit 276 millions, sont venus de la Chine, 192 du Vietnam, 173 de Taïwan, 68 de Hongkong. Les investissements dans les banques commerciales ont plus que doublé (356 millions), ainsi que dans l’industrie textile (335 millions). Les investissements dans le domaine agricole restent stationnaires avec 212 millions. Les sociétés de production textile se déplacent de Chine, de Thaïlande, du Vietnam et même d’Indonésie vers le Cambodge en raison de sa main d’œuvre bon marché.

Monde ouvrier

* Le ministère des Finances verse 900 000 dollars aux 7 000 ouvrières en grève dont l’usine a fermé ses portes et dont le patron singapourien s’est enfui après avoir déclaré faillite. Il se remboursera par la vente des biens de l’entreprise. En revanche, les 224 ouvrières de Kingsland Garment qui fabrique des vêtements pour les sociétés Wal-Mart et H&M n’ont pas reçu de salaire depuis janvier. Le 28 février, plusieurs ouvrières entament une grève de la faim.

* Le 20 février, les syndicats se mettent d’accord sur une demande d’augmentation du salaire minimum pour le faire passer de 61 à 120 dollars. Les syndicats affiliés au patronnat et au gouvernement demandent 91 dollars.
- Seuls le Myanmar (Birmanie), qui n’a pas fixé de salaire minimum, et le Bangladesh, dont le salaire minimum est de 55 dollars, sont au-dessous du Cambodge. Au Laos, le salaire minimum est de 78 dollars. Un chercheur en socio-économie, se basant sur les données gouvernementales, estime que 150 dollars serait le minimum pour vivre honnêtement à Phnom Penh.
- Le 5 mars, après deux semaines de négociations, le patronnat offre 75 dollars par mois, dans lesquels sont compris les 5 dollars pour la santé payés par le gouvernement. L’augmentation ne serait donc seulement de 9 dollars.
- Le 19 mars, durant des négociations au ministère des Affaires sociales, 10 syndicats étaient représentés : six pro-gouvernementaux, qui abaissent leur demande à 73 dollars ; quatre syndicats indépendants ou favorables à l’opposition : l’un a voté pour 120 dollars, et les trois autres pour 100 dollars. Du fait que « la majorité des syndicats a voté pour un salaire minimum de 73 dollars, auxquels s’ajoutent 5 dollars pour la santé donnés par le gouvernement, le Premier ministre décide que soit ajouté 2 dollars et de porter l’ensemble à 80 dollars », déclare le ministre des Affaires sociales. Les syndicats non affiliés au gouvernement sont furieux. On prévoit un période d’agitation syndicale.

* Du 21 au 27 février, 500 puis 1 000 employés du casino NagaWorld sont en grève pour réclamer de meilleurs salaires (passer de 80 à 150 dollars par mois) et pour protester contre le licenciement abusif de quatre des leurs. Ce casino a réalisé 113,1 millions de dollars de profits nets en 2012. Finalement, les grévistes obtiennent gain de cause. Le Malaisien propriétaire du casino vient d’être admis dans le groupe des milliardaires en dollars. Il est officiellement « conseiller économique du Premier ministre et du gouvernement, avec statut de ministre ».

* NagaCorp va construire une route souterraine de 447 m sur 23 de large, pour relier le casino à Koh Pich, pour un coût de 369 millions de dollars. Cela s’ajoute à la construction de NagaWolrd 2 qui comprendra un hôtel de 1 000 chambres et 15 000 m² d’espaces commerciaux.

* Le 16 mars, plus de 200 anciens employés de Mfone, société thaïlandaise de téléphonie mobile qui a fait faillite, manifestent pour demander l’aide du Premier ministre afin que la société paie leur salaire et leurs indemnités de licenciement, soit plus de 4 millions de dollars.

Conflits fonciers

Selon l’association ADHOC, 66 concessions ont été accordées en 2012, dont plus de la moitié après l’annonce de l’arrêt d’octroi faite par le Premier ministre en mai. 55 d’entre elles ont provoqué des conflits fonciers et causé 232 arrestations. Ces 55 conflits s’ajoutent aux 629 recencés précédemment par l’association.

* Le 13 février, environ 300 Kuys habitant la forêt de Prey Long manifestent contre la société vietnamienne CRCK qui a reçu 6 000 hectares en concession économique et qui a déboisé 7 km² en dehors des limites de sa concession. Pour une fois, les autorités provinciales donnent raison aux villageois et intiment l’ordre à la société d’interrompre ses travaux.

* Le 25 février, 17 membres de l’ethnie Tampuon de Ratanakiri portent plainte contre la société vietnamienne Ea Lev qui a reçu 8 400 hecatares en concession et qui a défriché 12 hectares de terrains leur appartenant, et pour lesquels ils ont reçu des titres de propriété le 6 janvier dernier.

* Deux cents familles de l’ethnie Kreung de Ratanakiri portent plainte contre la société vietnamienne CDR qui a reçu 7 591 hectares en concession en 2011, et qui a rasé au bulldozer 700 hectares de cultures leur appartenant.

* Le 5 mars, environ 200 policiers armés expulsent par la force 21 familles de Stœung Hav (Sihanoukville). Ils détruisent leurs maisons au bulldozer. Ces maisons étaient construites sur un terrain de 350 hectares, attribués en concession en 2011 par le Conseil des ministres à Mr Cheam Phen, pour yconstruire une fabrique de bière. En avril dernier, la Cour provinciale avait déclaré Cheam Phen comme le véritable propriétaire du terrain, mais les villageois ont fait appel. Légalement, aucune action de force ne peut donc être menée avant la décision de la Cour d’appel. Le 17 mars, Hun Sen annule la concession et charge le magnat cambodgien Mong Rithy de reconstruire 49 maisons des familles expulsées, sur ses deniers personnels. Les élections sont proches...

* Le 8 mars, plus de 40 familles de Koh Kong portent une pétition signée de 100 chefs de familles au Premier ministre, pour demander son intervention contre les autorités locales qui ont détruit sans avertissement 120 maisons sur un terrain de 36 hectares, où ces familles s’étaient installées entre 1990 et 1997.

* Le 13 mars, une soixantaine de membres de la police militaire dispersent par la force une trentaine d’ex-résidents de Bœung Kâk qui tentaient de porterune pétition au Premier ministre pour demander la libération de Yorn Bopha. Les associations de défense des droits de l’homme dénoncent l’utilisation de cetteviolence excessive.

Santé

* Le ministère de l’Intérieur enregistre 586 suicides en 2012 (4 pour 100 000 habitants), soit une augmentation de 13 % par rapport à l’année précédente.

Une étude menée par une ONG chargéede la santé mentale estime le nombre des suicides nettement supérieur : le Cambodge aurait le taux de suicides le plus élevé au monde (42,35 pour 100 000), après la Corée du Sud (31,7 pour 100 000). Ces données paraissent nettement exagérées.

* Les accidents de la route auraient coûté 310 millions de dollars en 2011. Durant les deux premiers mois de 2013, on dénombre déjà 366 tués. Le 8 mars, un double accident a coûté la vie de six personnes et en a blessé dix autres. Le fils du célèbre comique A-Koy qui se rendait pour donner un concert avec les six membres de l’équipe du chanteur Khémarak Sreymom à Sihanoukville y a trouvé la mort, écrasé par un contenaire qui a glissé de son camion.

* Le 18 mars, à Phnom Penh, 500 experts et entrepreneurs de Global Cooking Forum se réunissent pour chercher une façon économique et écologique de faire la cuisine. 95 % de la population cambodgienne utilise du bois ou du charbon de bois pour faire cuire son riz, ce qui entrainerait la mort de 11 800 adultes et de 1 600 enfants cambodgiens chaque année, par suite des inhalations de fumée. Le GERES a vendu des milliers de foyers « propres ».

Depuis 2011, Avenir Cambodge et CKN ont lancé des CEB (Cuiseurs économes à bois) qui consomment cinq fois moins de bois qu’un fourneau ordinaire et ne dégage pas de fumée. Une trentaine de CEB ont été testés pour améliorer leur conception. Avenir Cambodge a également construit 139 installations de biogaz qui permettent la cuisson du riz de deux familles chacune.

* Le 19 mars, un raid de la police permet de saisir 106,78 tonnes de produits chimiques, apparemment destinés à la fabrication des stupéfiants. Cinq Chinois sont arrêtés puis relâchés après le paiement d’une faible amende, ces produits n’étant pas forcément destinés à cette fabrication.

* Depuis le 21 janvier, on signale neuf cas de grippe aviaire transmise à des humains, dont huit mortels.

Education nationale

* Le 4 mars, le Premier ministre déclare qu’il n’est pas possibe d’augmenter le salaire des enseignants de plus de 20 %. Si l’on compare avec 1970, époque durant laquelle les enseignants étaient les fonctionaires les mieux rémunérés, il y avait 40 000 enseignants pour un million d’élèves. Actuellement, il y a 140 000 enseignants pour 3,5 millions d’élèves. Rong Chhun, président de l’Association indépendante des enseignants du Cambodge, fait remarquer qu’avec 20 % de hausse, le salaire des enseignantsdu primaire s’élèvera à 60 dollars par mois, et ceux du secondaire à 132. L’enseignement est sans doute le secteur le plus sinistré du Cambodge, qui hypothèque ainsi sérieusement son avenir.

Mines

* Le 15 février, l’Allemagne s’engageà verser 1,3 million d’euros pour le déminage. Depuis 1999, l’Allemagne a contribué au déminage pour un montant de 20 millions de dollars.

* Selon le Premier ministre, 1 700 km² seraient encore infestés par les mines. Entre 2010 et 2012, les mines ont tué 63 personnes et en ont blessé 120 autres. 80 km² seront déminés en 2013, et on prévoit le déminage complet du pays pour 2019.

Corruption

* Le 13 février, plus de 300 employés de la société d’Etat Telecom Cambodia se mettent en grève pour protester contre Lao Sarœun, leur directeur général, qu’ils accusent de mauvaise gestion et du détournement de deux millions de dollars. Le ministre des Postes et Communications défend son directeur et veut mener l’enquête lui-même. Il affirme qu’il n’y a pas assez de preuves pour envoyer une lettre au Premier ministre. Le 27 février, il lui donne un congé maladie. Les 300 membres de Télécom bénéficient d’un stage de formation par l’Autorité anti-corruption pour qu’ils ne portent pas d’accusations mensongères... Telecom a perdu 40 millions au cours des cinq années durant lesquelles Lao Sarœun dirigeait cette société d’Etat. Le 18 mars, il est promu à de nouvelles fonctions dans son ministère.

* Le 22 mars, la BAD (Banque asiatique pour le développement) refuse de rendre public son rapport sur l’impact de son don de 141,6 millions de dollars pour la réparation des 338 km de voies ferrées entre Phnom Penh et Sérey Saophoan, de peur de « mettre en danger irrémédiablement ses relations avec le gouvernement ».

Justice

* Le 21 février, Amnesty International lance une campagne pour demander la libération de Mam Sonândo, propriétaire de « Nid d’abeilles », l’unique radio libre du Cambodge, incarcéré le 1er octobre au cours d’un procès inique. Lors de son procès en appel, le 5 mars, le procureur demande aux juges de maintenir les cinq charges retenues contre lui, mais de changer l’incitation à la violence anti-gouvernementale par la conduite d’une insurrection. Il y ajoute une sixième charge encore plus farfelue que les autres : déforestation pour usage personnel. Plus d’un milliers de partisans de l’animateur radio venus des campagnes campent à l’extérieur de la cour d’appel. Finalement, il est libéré le 15 mars, mais pas innocenté. Les trois villageois co-accusés seront libérés le 19 mars.

* Le 27 février, Chhouk Bundith, ex-gouverneur de Bavet, comparaît devant la Cour d’appel suite à son acquittement par le tribunal de Svay Rieng. Il admet avoir tiré au pistolet, mais ne sait pas où sont parties les balles... Un policier affirme l’avoir vu tirer sur la foule, et d’avoir vu une jeune fille tomber ensanglantée... Deux jours plus tard, menacé de mort, ce policier retire sa déposition. La Cour d’appel de Phnom Penh renvoit le cas à la cour de Svay Rieng, suscitant des critiques virulentes de la part des associations cambodgiennes de défense des droits de l’homme.

Divers

* Le 28 février, plus de 500 vilageois des provinces de Stœung Treng et Ratanakiri qui vont être affectés par la construction du barrage Sésan II, font un sacrifice traditionnel pour demander au Néak Ta Krahâm Kâr de les protéger.

* Le 27 février, près de 40 villageois de Kong Pisey (province de Kompong Speu) ont lynché un paysan accusé de sorcellerie. C’est le troisième lynchage de ce type dans le secteur depuis 2008. Licadho note au minimum trois ou quatre lynchages par an... souvent d’opposants politiques.

* Les services français spécialisés viennent au Cambodge pour enquêter sur la mort mystérieuse de Laurent Vallier et de ses quatre enfants. Alors que la police khmère a conclu au suicide, ces services pensent au contraire qu’il s’agit d’un meurtre : le corps de Laurent Vannier n’était pas derrière son volant ; on a trouvé des traces de sang dans la maison, sur la malette du défunt ; deux des enfants étaient morts avant d’entrer dans l’eau...
Par ailleurs, la police n’a aucune piste pour le meurtre d’une jeune française disparue à Kampot en janvier dernier.

* Plusieurs étrangers sont dans le colimateur de la police : un Russe pour avoir obligé des marins à sauter par dessus bord lors d’une altercation à Sihanoukville ; un Anglais arrêté pour une histoire de fraude dans l’achat d’un terrain ; deux orphelinats (Love in Action) sont fermés pour viols ou mauvais traitements des enfants.

Lu pour vous

Mon Cambodge : Le destin d’une femme, par Ly San Meas (Paris, L’Harmattan, 2012)
En racontant sa vie et celle de sa famille, de 1929 jusqu’en 2000, l’auteure, une lettrée cambodgienne, nous fait pénétrer avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité dans l’univers merveilleux des Khmers, avec leurs rêves, les prédictions, les Néak Ta qui rendent plus supportable la dure réalité de la vie.

Pourquoi les Khmers rouges, par Henri Locard (Paris, Vendémiaire, 2013)
Livre précis, apportant de nombreuses informations inédites, notamment sur la formation des responsables Khmers rouges dans les maquis vietnamiens, sur la personnalité de Nuon Chéa que les autorités vietnamiennes considéraient comme leur homme au sein du pouvoir khmer rouge et qui semble avoir été l’homme fort du Kampuchéa démocratique... Les derniers chapitres tentent d’indiquer quelques lignes explicatives, encore trop peu développées, du phénomène khmer rouge par la culture khmère.

Sihanouk, le roi insubmersible, par Jean-Marie Cambacérès (Paris, Le Cherche Midi, 2013)
L’auteur a épousé une petite-fille de Sihanouk. On comprend donc assez aisément que ce livre tourne souvent au panégyrique du grand-père... et de l’action du parti socialiste. Malgré de très nombreuses répétitions, de multiples erreurs de détail dans les dates et les chiffres, dans les citations plus que fantaisistes de mots khmers, d’une suite chronologique souvent déroutante dans la succession des phrases, d’analyses discutables, ce livre apporte quelques informations intéressantes et inédites sur l’action et sur la personnalité de Sihanouk, le Patriote.