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Asie du Sud-Est - Cambodge

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POUR APPROFONDIR - Le point sur l’actualité politique et sociale du 1er novembre au 28 décembre 2012

POUR APPROFONDIR - Le point sur l’actualité politique et sociale du 1er novembre au 28 décembre 2012

28/12/2012

Du temps où Eglises d’Asie était imprimé sur papier, nos lecteurs étaient habitués à la publication tous les deux mois de « Points sur l’actualité politique et sociale ». Nous reprenons ici cette publication, avec les nouvelles de ces deux derniers mois au Cambodge.

POLITIQUE EXTERIEURE

Sommet des pays de l’ASEAN et de l’Asie de l’Est

Préparation

Suite au rapport accablant concernant les violations des droits de l’homme au Cambodge de Surya Subédi, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, présenté à la Commission des droits de l’homme à Genève le 23 septembre, on a l’impression d’une action internationale concertée contre le gouvernement cambodgien sur ce sujet brûlant, avant le sommet de l’ASEAN :

* Dans une lettre du 31 octobre, douze députés américains, dont le sénateur John MacCain, demandent au président Obama de parler des droits de l’homme lors de sa visite à Phnom Penh : rester silencieux serait abandonner les démocrates asiatiques et faire le jeu de la Chine. Quelques semaines plus tôt, plusieurs hommes politiques américains avaient demandé à Barack Obama de ne pas se rendre au Cambodge pour ne pas cautionner ces violations des droits de l’homme.

* Les parlements européen, philippin et australien votent chacun une motion exprimant leurs préoccupations sur les violations des droits de l’homme au Cambodge. Le Japon, d’ordinaire si discret, exprime également ses réserves. Le conflit des îlots Senkaku (Diaoyu en chinois) n’est sans doute pas étranger à cette prise de position inédite.

* Human Rights Watch publie un rapport sur la culture d’impunité qui prévaut au Cambodge et rassemble des informations précises sur les quelque 300 exécutions extrajudiciaires perpétrées au Cambodge depuis les Accords de Paris en 1991, sans qu’aucune enquête n’ait jamais abouti. Plusieurs assassins présumés ont même été promus à des grades supérieurs dans l’armée ou le gouvernement. Or, depuis 2006, les Etats-Unis ont fourni 4,5 millions de dollars en aide militaire au Cambodge.

* Au Cambodge même, pendant plusieurs jours, des groupes d’expulsés de Boeung Kâk et de Borey Keila portent des pétitions à l’ambassade des Etats-Unis à l’attention de Barack Obama. Les villageois qui vivent près de l’aéroport de Pochentong et qui sont menacés d’expulsion écrivent le nom d’Obama ainsi que d’immenses SOS, ou dessinent des portrait du président, sur le toit de leur maison. La police intervient et fait supprimer tous ces dérisoires appels au secours, sous peine d’emprisonnement. Le 19 novembre, jour de l’arrivée du président américain, un immense calicot est dressé dans le Boeung Kâk pour demander son aide... 237 conseillers municipaux cambodgiens signent une pétition demandant au président Obama de parler « clairement et fermement avec Hun Sen des violations généralisées des droits de l’homme au Cambodge ». Des milliers de ballons sont lancés par les membres du PSR (Parti Sam Rainsy) et par le mouvement anti-expulsion, comme autant d’appels au secours adressés au président Obama.

* A partir du 2 novembre, 124 personnes, dont 48 prostituées, 34 drogués et 42 SDF sont envoyés en centres de détention, afin de « nettoyer » Phnom Penh. Plusieurs boulevards sont interdits à la circulation, les écoles et administrations sont fermées pendant deux jours pour rendre plus fluide la circulation. Les stations d’essence fermées par crainte d’attentat.

* La police interdit les rencontres de plusieurs groupes internationaux : 250 personnes, spécialement des Cambodgiens, du Réseau des Peuples de Base de l’ASEAN (AGPA), sont contraints de quitter leurs guest-houses en pleine nuit. L’AGPA a réussi cependant à tenir onze des douze ateliers concernant les expulsions, les concessions foncières, la sécurité alimentaire, le commerce au sein de l’ASEAN. Le 15 novembre, plus de 2 000 personnes se rassemblent au Parc de la Liberté et dressent une liste de leurs demandes : meilleures conditions de travail, coordination intergouvernementale sur les travailleurs migrants, augmentation des salaires du personnel de l’administration, construction d’une communauté régionale basée sur la justice et la paix, non sur la destruction des ressources naturelles.

Le Forum des Peuples de l’ASEAN a dû changer deux fois de place. Le même scénario s’était déjà produit en marge du sommet des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN en juillet dernier. « C’est un affront inacceptable aux libertés de base concernant le droit d’expression et de rassemblement. C’est un message fort au monde, qui montre que le gouvernement cambodgien n’est pas engagé dans la création d’une ASEAN qui respecte les droits et libertés fondamentales », déclare le président de ADHOC.

* En marge du sommet général, se tiennent plusieurs rencontres importantes :
- Un sommet des ministres de la Défense de l’ASEAN à Siemréap les 15-17 novembre, en présence du ministre américain de la Défense.
- Le 18 novembre, le président chinois mène des rencontres bilatérales avec ses homologues malais et indonésien pour parler des problèmes de la mer de Chine du Sud. Il préfère ostensiblement ces deux rencontres au Sommet des Affaires et de l’Investissement tenu au même moment et qui rassemblait plus de 300 personnes. Il accorde un prêt de 50 millions de dollars au Cambodge et promet encore d’autres aides. Il signe un projet de construction d’une cimenterie et d’un centre de formation professionnelle. Ces dons renforcent la conviction que la politique cambodgienne est alignée sur celle de la Chine.

* Le 18 novembre, les dix chefs d’Etat de l’ASEAN approuvent une Déclaration sur les droits de l’homme, et y incluent au dernier moment un amendement demandé par les ONG et l’ONU pour que cette déclaration soit conforme aux normes internationales de la Déclaration universelle de 1948 et de la déclaration de Vienne de 1993. Cependant, dans la déclaration adoptée, les droits de l’homme sont limités aux impératifs liés à « la sécurité nationale, à l’ordre public, à la santé publique, à la sécurité publique et à la moralité publique », ce qui donne aux gouvernements toute latitude d’interprétation de ces notions très vagues. La déclaration ne parle pas de la liberté d’association.

* Le 18 novembre, le secrétaire du ministère des Affaires étrangères cambodgien déclare que les dix pays de l’ASEAN se sont mis d’accord pour ne pas « internationaliser » la dispute entre la Chine et quatre pays de l’ASEAN au sujet des îles de mer de Chine du Sud. Le lendemain, lors d’une rencontre ASEAN-Japon, le président philippin Aquino dément l’existence d’un tel consensus. Le 20 novembre, le Vietnam affirme à son tour qu’il n’y avait pas de consensus.

* Le 19 novembre, plusieurs sommets ont lieu les uns après les autres : Asean-Russie, Asean-Chine, Asean-Etats-Unis, Asean-Inde, Asean-Corée, Asean-Japon. Durant ces différents sommets, la question des îles de la mer de Chine du Sud remonte comme une question récurrente. Les Etats-Unis soutiennent les efforts de l’Asean pour négocier avec la Chine en tant que groupe. Le Premier ministre japonais affirme que c’est un problème international et qu’il doit être traité en tant que tel, mais pacifiquement. La Chine affirme qu’elle « défendra si nécessaire sa souveraineté ».

* Le 19 novembre, les ministres de l’Economie des dix pays de l’Asean signent un accord qui doit faciliter la libre circulation des employés qualifiés de la région, comme préparation à l’intégration économique des pays de l’Asean d’ici à 2015.

* Le 19 novembre, le président américain arrive au Cambodge sans aucun accueil populaire, interdit par le gouvernement cambodgien, à l’inverse de son arrivée en Birmanie où il a été ovationné par une foule en liesse. Dès son arrivée, il a une conversation avec le Premier ministre Hun Sen qualifiée de « tendue ». Les micros ont été coupés lors de l’allocution du président, ce qui est justifié comme une pratique habituelle par les autorités khmères, mais qui heurte profondément le personnel diplomatique américain. Le Premier ministre cambodgien qualifie cette rencontre de « discours franc ». Il affirme avec insistance, et non sans raison, que certains partenaires régionaux de l’ASEAN respectent moins les droits de l’homme que le Cambodge. Le président américain aurait été plus crédible s’il avait reconnu, même sans excuser, tout le mal causé par son pays au peuple cambodgien depuis 1970...

* Barack Obama aurait parlé au Premier ministre cambodgien des expulsions, des concessions abusives, des futures élections au Cambodge. Il a demandé le pardon pour tous les prisonniers politiques, notamment la libération de Mâm Sonando et de Sam Rainsy. On fait valoir que Sam Rainsy n’est pas un prisonnier politique, mais qu’il est condamné pour avoir enfreint la loi. Hun Sen nie l’existence de prisonniers politiques... Tout dépend de la notion que l’on se fait du « prisonnier politique ». Selon la Licadho, parmi les 26 prisons visitées, il y aurait treize prisonniers politiques dont le seul crime a été de défendre les droits de l’homme. Amnesty International y ajoute les treize femmes arrêtées (puis libérées) en mai dernier, alors qu’elles manifestaient pacifiquement contre les expulsions ; d’autres y ajoutent ceux qui ont été emprisonnés pour avoir simplement distribué des tracts anti-gouvernementaux...

* Du côté officiel cambodgien, on affirme que le président Obama a été mal informé de la situation des droits de l’homme au Cambodge, et que le pays est victime d’une campagne de diffamation ; les Etats-Unis ne peuvent comprendre la situation du Cambodge à cause de la différence culturelle et de la différence de langue ; la traduction laisse toujours à désirer.

* Cependant, la visite du président Obama avait un but géostratégique plus qu’humanitaire : il est venu tenter de contrer l’influence grandissante de Chine en Asie du Sud-Est et en Asie de l’Est, depuis deux ans « pivot » de la politique des Etats-Unis. Peu de choses ont filtré des entretiens. Sans doute la situation des droits de l’homme au Cambodge ne changera pas, mais peut-être les Etats-Unis y gagneront un capital de sympathie des peuples de la région, sinon des gouvernants, qui commencent à éprouver des ressentiments profonds à l’égard la Chine. Les Etats-Unis tissent des liens avec les pays riches de l’ASEAN (Indonésie, Singapour, à l’avenir la Birmanie), alors que la Chine s’intéresse au plus pauvre qu’est le Cambodge. Comme les décisions de l’ASEAN sont prises par consensus, avec un droit de véto de chacun de ses membres, le Cambodge est donc une carte intéressante pour la Chine. D’autre part, pour le Cambodge, la Chine lui permet de se libérer de l’étreinte vietnamienne.

* La plupart des journaux étrangers, spécialement des Etats-Unis, sont très durs pour Hun Sen et le traitent d’« homme fort », de « machiavélique », d’« autoritaire », de « dictateur », « qui gouverne par la violence et l’intimidation ». On qualifie la présidence cambodgienne comme la pire qu’aie connue l’ASEAN depuis sa création.

* Le 13 décembre, le président Obama écrit une lettre au Premier ministre Hun Sen pour le remercier et le féliciter de la réussite du sommet des chefs d’Etat de l’Asie de l’Est et de du sommet Asean-Etats-Unis.

POLITIQUE INTERIEURE

* Le 10 novembre, le PSR porte plainte devant le Conseil constitutionnel contre la décision du Comité électoral national (CEN) qui a rayé le nom de Sam Rainsy des listes électorales du fait de sa condamnation par un tribunal. Aucune loi ne retire le droit de vote à un condamné. Le PSR demande que l’on publie la liste des condamnés dont on a rayé le nom des listes.

* Le 23 novembre, Hun Sen réitère son affirmation qu’il n’y a pas de prisonniers politiques au Cambodge, que la justice est indépendante de l’exécutif, que le rôle de la loi est strictement observé... Si des politiciens commettent une faute, ils sont condamnés pour cette faute, non par motif politique. « Il y a deux Cambodge, déclare-t-il, celui des médias qui est un enfer, et l’autre Cambodge, qui est le Cambodge réel. » Selon le Premier ministre, toutes les ONG ou les observateurs de l’ONU se font les porte-parole de l’opposition. Durant les derniers mois, cette affirmation est reprise dans la plupart des déclarations officielles.

CETC (Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens)

* Le 22 novembre, 21 membres du personnel étranger des Chambres extraordinaires signent une pétition demandant la libération de Mâm Sonando.

* Le 4 décembre, on annonce que les 300 membres du personnel khmer des CETC ne seront pas rémunérés à partir de janvier prochain par manque de fonds. Il faudrait 9,5 millions de dollars pour financer l’année 2013, dont 1,8 million versés par le gouvernement cambodgien. Déjà, entre octobre 2011 et février 2012 le personnel cambodgien n’avait pas touché de salaire. En revanche, pour le personnel international, les fonds sont assurés jusqu’à la fin février prochain. Il faudrait un total de 34,2 millions pour assurer le financement de 2013.

* Le 21 novembre, la Nouvelle-Zélande accorde un don de 163 000 dollars aux CETC.

* Le 18 décembre, la Grande-Bretagne fait un don de 962 000 dollars pour le personnel international. Depuis 2006, la Grande-Bretagne a fourni huit millions de dollars.

* Le 18 décembre, Michiel Pestman, Andrew Ianuzzi et Jasper Pauw, avocats de Nuon Chéa, démissionnent. Ils estiment avoir épuisé sans succès toutes les possibilités de défense de leur client. Ces départs ne devraient pas affecter la marche du tribunal, mais sont significatifs d’un réel malaise.

* Le 19 décembre, Mark Harmon, nouveau juge d’instruction qui a commencé son travail en octobre dernier, ouvre à nouveau l’instruction du dossier nº 004, par une enquête portant sur quatorze nouveaux sites d’exécution. Sept de ces sites sont liés au sort des Kampuchéa Krom. Sa déclaration ne comporte pas le nom de son homologue cambodgien, farouchement opposé à l’ouverture des cas nº 003 et 004. On ne note aucune réaction gouvernementale.

* Un nouveau juge, Florence Ndepele Mwachande Mumba, originaire de Zambie, est nommé comme juge de réserve pour remplacer le juge japonais Motoo Nogushi démissionnaire depuis juillet pour travailler au ministère de la Justice japonais. Elle a servi comme juge en Cour d’appel pour le Tribunal du Rwanda.

ECONOMIE

* On pourrait croire que les institutions de microcrédit sont une aide au développement. Cependant, avec des taux usuraire qu’il pratique, entre 2,2 à 2,5 % par mois, soit 26,4 et 30 % par an, le microcrédit ruine les pauvres et est un frein au développement.

* Le 16 novembre, la banque malaysienne CIMB ouvre quatre nouvelles branches au Cambodge.

* Le 23 novembre, le PSR demande à ce que les emprunts prévus dans le budget de 2013 soient réduits de 75 % (200 millions au lieu de 700). La dette publique cambodgienne atteint 10 milliards de dollars, soit 77 % du PIB de l’an dernier. Les chiffres de cette dette varie selon les sources : 10 milliards selon le PSR, entre 2 et 7 milliards selon le PPC et les institutions internationales ; 3,99 milliards selon le FMI (en 2012) ; 5,2 milliards selon Moody’s (en 2010). Le PSR propose d’augmenter les salaires des fonctionnaires en taxant à 50 % les bénéfices des soixante casinos du pays : on gagnerait ainsi 300 millions. Le PSR propose également d’augmenter la taxe annuelle sur les concessions, en la faisant passer de 5 dollars à 17 dollars par hectare : 200 à 300 millions entreraient ainsi dans les coffres de l’Etat. La suppression de la corruption pourrait être une autre source de revenus.

* Un budget de 3,1 milliards est adopté, par l’Assemblée nationale le 7 décembre, sans discussion. Le Sénat l’approuve sans changement, le 14 décembre, les dix sénateurs de l’opposition ne participent pas au vote.

* Les 1 633 communes vont recevoir 60 millions de subvention en 2013, soit une augmentation de 20 %, mais une diminution en pourcentage sur l’ensemble du budget national. Des fonds qui doivent servir au développement de la santé publique et des infrastructures. Comme les fonds sont octroyés directement par le gouvernement, sans mécanisme extérieur de vérification, l’opposition craint les détournements et la pression politique gouvernementale.

* Le 26 novembre, le ministre des Finances et de l’Industrie signe un accord pour la construction du barrage Sesan 2 avec le conglomérat cambodgien Royal Group et la China’s Hydrolancang International Energy. La construction durera cinq ans, le barrage deviendra propriété de l’Etat cambodgien après 40 ans d’exploitation par ces deux sociétés. L’investissement représente 781 millions de dollars, le gouvernement cambodgien percevra 29,6 millions de taxes par an. La société vietnamienne Electricité du Vietnam ne détient plus que 10 % du capital (elle en détenait 51 %). Ce barrage produira 400 MGW et déplacera 5 000 Montagnards, il pourrait causer la perte de 9,2 % de la pêche dans le Mékong.

* Le 1er décembre, lors d’un test de turbine, trois travailleurs cambodgiens disparaissent lors d’un accident survenu au barrage de Stoeung Atay (province de Koh Kong). On ne retrouve pas leurs corps. Quatre autres sont blessés. Dans l’opposition plusieurs critiques s’élèvent contre l’entreprise chinoise China Datang qui fournirait du travail de mauvaise qualité. Le gouvernement qualifie l’accident de « mineur » et justifie le choix de cette société.

* Le 6 décembre, le Premier ministre inaugure les 121 km de la route qui relie Stoeung Treng et Banlung (Ratanakiri), qui a coûté 73,3 millions de dollars financés par un prêt chinois. Il considère la région de Ratanakiri comme le quatrième pôle de développement du pays, après Phnom Penh, Sihanoukville et Siemréap. Trois autres routes sont en construction ou projetées : l’une reliera Banlung à Sen Monorom ; une autre Stoeung Treng à Siempang ; une troisième Ratanakiri au parc national de Virachey (189 km) dans « la queue de dragon » entre le Vietnam et le Laos.

* Le 10 décembre, une société japonaise lance la construction du plus grand supermarché de Phnom Penh qui s’étendra sur 6,5 hectares le long du boulevard Sothéaros. Elle prévoit d’y investir 205 millions de dollars et d’employer 2 000 Cambodgiens. Le 7 décembre, une autre société japonaise signe un contrat pour fournir 200 millions de litres de bioéthanol à l’horizon 2020. Une société japonaise de pièces détachées pour voitures est inaugurée le 17 décembre à Koh Kong. Elle a investit 24 millions de dollars et emploie 600 Cambodgiens. C’est la troisième société qui s’installe dans la Zone d’Economie Spéciale de Koh Kong, après la société coréenne de construction de voitures Hyundai et une société de fabrication textile thaïlandaise. Une quatrième société, japonaise, y ouvrira sous peu et fournira du matériel de sport. Les sociétés japonaises offrent généralement de meilleures conditions de travail et une formation technique meilleure que les sociétés chinoises ou vietnamiennes, même si les salaires sont à peu près les mêmes. Les investissements japonais augmentent régulièrement depuis quelques années et atteignent 300 millions en 2012. Les bas salaires cambodgiens sont la motivation clairement affirmée des entreprises japonaises.

* Le gouvernement projette de construire neuf barrages hydro-électriques et sept centrales à charbon pour fournir de l’électricité à tous les villages cambodgiens d’ici 2030. Actuellement, seulement 24 % des villages en bénéficient. La demande en énergie croît de 25 % par an.

PRETS ET DONS

* Entre 2006 et 2012, les entreprises chinoises ont investi plus de 8,2 milliards de dollars, loin devant la Corée du Sud qui a investi 3,8 milliards et les Etats-Unis 924 millions. Depuis 2002, Pékin a offert 2,1 milliards de dollars d’aide et de prêt pour le développement de l’agriculture ainsi que pour la construction de 2 000 km de routes et de ponts. La Chine soutient actuellement 19 projets, pour un coût de 1,1 milliard. Son commerce avec le Cambodge s’élevait à 2,72 milliards en 2011.

* Le 21 décembre, l’Inde accorde un prêt de 57 millions de dollars pour créer une ligne électrique entre Stoeung Treng et Kratié, et améliorer le système d’irrigation.

SOCIETE

* Le PIB individuel se situe aux environs de 830 dollars, l’un des plus faibles de l’Asie. 30 % de la population vit au dessous du niveau de pauvreté.

Mouvements sociaux

* Le 24 novembre, plus de 400 employés de Next-Apparel manifestent pour la troisième fois afin de demander la réembauche de deux employés licenciés parce qu’ils tentaient de créer un syndicat. Le 3 décembre, plus d’une centaine de ces employés manifestent, ils sont molestés par la police.

* Les 8 et 9 décembre, plus de 200 employés du Casino Tropicana de Poïpet se mettent en grève pour demander la réembauche de deux syndicalistes licenciés et pour de meilleurs conditions de travail.

* Selon l’Association des patrons de l’industrie textile, il manquerait entre 60 000 et 80 000 employés pour pouvoir honorer les commandes. Soixante-quinze nouvelles entreprises ont été créées cette année. Une entreprise augmente d’elle-même le salaire minimum (61 dollars) de 9 dollars et donne quelques autres avantages pour attirer des employés. L’Association a reçu 3,26 millions de dollars de l’Agence française de développement (AFD) pour établir un Institut de formation de cadres de cette profession, car ces postes de cadres sont actuellement remplis par des étrangers. Hun Sen demande aux employeurs d’améliorer les conditions de travail au Cambodge, pour éviter que les travailleurs ne partent à l’étranger. Cependant, la modicité des salaires ne permettent pas de vivre décemment et attirent plus les investisseurs que les travailleurs.

* Une des difficultés du monde ouvrier cambodgien est la multiplicité des syndicats. On en compterait plus de 600 parmi les 360 000 employés. Il y en avait 60 en 2010. La loi ne limite pas le nombre des syndicats, il suffit de 20 personnes pour en former un. Souvent les entreprises créent elles-mêmes leur propre syndicat qu’elles financent par des dessous-de-table. Les responsables syndicaux sont protégés par la loi, ce qui devient un poste envié pour sa sécurité. Selon le directeur du Centre américain pour la solidarité internationale du travail (ACILS), un seul syndicat est indépendant des partis politiques. Les syndicats pro-PPC défendent les intérêts patronaux : ils bénéficient parfois de l’aide du Premier ministre pour résoudre leurs problèmes.

* La Confédération cambodgienne des syndicats (CCU), présidée par Rong Chhun, distribue 10 000 tracts pour inviter à une manifestation le 30 décembre. Cette manifestation est organisée pour demander l’augmentation des salaires, qui devraient passer de 61 à 150 dollars par mois.

Concessions et conflits fonciers

* D’après l’ADHOC, au moins 32 concessions économiques (ELC), couvrant 208 000 hectares, ont été accordées depuis le moratoire du 7 mai 2012, dont neuf dans la province de Préah Vihéar, six dans celle d’Oddar Méan Chey, cinq dans celle de Mondolkiri. Le 15 novembre, le gouvernement affirme que ce moratoire est toujours en vigueur. Plusieurs rapports signalent que les concessions économiques n’ont pas enrichi les pauvres, mais au contraire les ont appauvris.

* Plus de 200 familles de Srè Ambel ont porté plainte contre deux sociétés thaïlandaise et taïwanaise qui ont acheté les plantations du sénateur Ly Yong Phat. En 2006, le sénateur avait expulsé ces familles pour y planter de la canne à sucre. Il offre 2 800 puis 3 000 dollars par famille expulsée pour qu’elle retire sa plainte. Au moins 22 familles ont accepté. Les familles dépossédées ont lancé une opération de boycott international du sucre « fruit du sang ». Le 31 octobre, ces familles ont porté plainte contre American Sugar. Le 26 octobre, le Parlement européen demande une enquête pour éventuellement supprimer l’accord multifibre concernant l’importation sans droits de douane des produits cambodgiens.

* Plus de 100 000 titres de propriété auraient été distribués depuis juin dernier : le 12 novembre, Hun Sen distribue 1 178 titres de propriété à Siemréap ; le 14 novembre, 811 titres à Kompong Speu ; le 23 novembre, 900 à Préah Vihéar ; le 4 décembre, 878 hectares à Oddar Méan Chhey ; le 6 décembre, 541 à Ratanakiri.

* Plusieurs centaines de membres des minorités ethniques de Ratanakiri et de Mondolkiri (400 des 1 000 familles de Bousra) ont opté pour l’obtention de titres individuels de propriété qui ont la faveur du gouvernement et des propriétaires de concessions. Ils perdent immédiatement le droit à des titres collectifs au nom de leur groupe ethnique. Cinquante-six des 88 groupes ethniques sont reconnus officiellement, mais seulement trois ont obtenu un titre de propriété collectif qui assure une meilleure protection face aux appétits gouvernementaux. Certains craignent que cette distribution individuelle ne fasse disparaître les minorités ethniques en leur faisant perdre leur mode traditionnel de culture sur brûlis et la communion avec les esprits de la forêt. Deux titres de propriété collective devraient être attribués en janvier, et un troisième en mars. Ces titres coûtent environ 30 dollars par hectares, qui sont financés par le Canada, la Finlande et l’Allemagne.

* Le 9 novembre, une centaine de familles de Chhuk (province de Kampot) sont mises en demeure de devoir démolir leur maison dans les cinq jours, car le terrain sur lequel ces maisons ont été construites a été accordé en concession à un entrepreneur cambodgien qui a reçu 9 800 hectares en concession en 2005. Selon l’entrepreneur, ces familles viennent de s’y installer.

* Le 2 décembre, plus de 100 personnes de Kratié manifestent contre des bulldozers d’une société sud-coréenne Think Biotech qui déboise leurs terres. Cette société a reçu 34 000 hectares en concession le 30 mai 2011 pour y planter des acacias. La possession de 400 hectares est contestée par environ 150 familles.

* Le 3 décembre, une cinquantaine d’expulsés de Boeung Kâk portent une pétition au Conseil des ministres pour tenter d’obtenir un terrain pour se reloger. Il reste environ 200 personnes qui ont été exclues de la distribution des 12,44 hectares accordés par le Premier ministre l’an dernier.

* Le 5 décembre, une centaine de manifestants de neuf communautés autour de Phnom Penh manifestent devant le cabinet du Premier ministre. Elles sont bloquées par la police.

* Le 15 décembre des membres de l’ethnie Kreung portent plaine contre les autorités locales qui auraient accepté 4 000 dollars et autorisé un homme d’affaires à couper la forêt de leurs ancêtres pour y planter des hévéas.

* Le 17 décembre, 11 200 signatures d’une pétition demandant l’arrêt des expropriations, des expulsions et de meilleurs salaires des travailleurs en usines, ainsi qu’une meilleure protection des travailleurs migrants est transmise à l’Assemblée nationale sur le rythme du très sud-coréen Gangnam Style.

* Le 18 décembre, plus d’une centaine de familles de Stoeung Treng sont menacées de perdre leurs terres au profit d’une concession de 20 326 hectares accordée aux vétérans de l’armée.

* Le 23 novembre, Hun Sen prévient qu’il ne résoudra pas les conflits fonciers « si des politiciens ou des ONG sont impliqués dans ces conflits ». Or, à Boeung Kâk, il n’y a aucune ONG et aucun politicien derrière les manifestantes. Les différentes ONG se défendent d’inciter les villageois à la révolte et affirment de ne faire que de l’éducation sur leurs droits légitimes. Elles continueront leur travail. Deux jours plus tard, Hun Sen assouplit son message et reconnaît l’utilité de certaines ONG.

Déforestation

* On signale plusieurs saisies de bois précieux coupé et transporté par les militaires. Le 14 décembre, Hun Sen ordonne à nouveau aux autorités locales de mettre fin à ces pratiques. Beaucoup de bois précieux passe en contrebande au Vietnam d’où il part vers la Chine, qui est un très gros importateur.

* Le 19 décembre, les représentants des minorités ethniques Jarai de Ratanakiri demandent l’arrêt de la déforestation par les deux sociétés vietnamiennes Day Dong Yoeun et Compagnie 72 qui ont reçu respectivement 4 000 et 6 000 hectares en concession, et dont une partie chevauche leurs terres ancestrales. Ils accusent ces deux sociétés de déforester et d’emporter le bois de luxe au Vietnam voisin à la faveur de la nuit. Le lendemain, sept Vietnamiens, dont six portent des uniformes de parachutistes, sont arrêtés pour avoir abattu des arbres dans ces deux concessions. On découvre 58 grumes de 6 m de long. Quelques jours plus tard, on trouve 290 grumes de 60 cm de diamètres et de 10 à 15 m de longueur, dans la concession Day Dong Yoeun.

* Un rapport de Conservation International affirme que 2 % des 401 313 hectares de la forêt des Cardamones ont été déforestés, jusqu’en 2006, et 15 % depuis lors.

Droits de l’homme et justice

* Le 9 décembre, Surya Subedi, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, se rend au Cambodge pour la 8ème fois, pour une mission de cinq jours. Dès son arrivée, il rencontre 300 villageois de Kompong Chhnang en conflit avec l’épouse du ministre de l’Industrie depuis 2007 pour la propriété de 145 hectares. Le lendemain, il rencontre Mâm Sonando dans sa prison, pendant une heure. Le 13 décembre, le Premier ministre Hun Sen refuse de le recevoir, disant qu’il n’a pas besoin des « avis des étrangers ». « Je suis responsable devant l’Assemblée nationale, non devant les étrangers », dit-il. Il ne nomme pas Surya Subédi, mais tout le monde comprend. Les relations entre le Premier ministre et les précédents représentants du secrétaire général de l’ONU ont toujours été difficiles. Cependant, Subédi, fort du soutien international, est déterminé à continuer son travail.

* Le 14 décembre, la liberté conditionnelle est refusée à Mâm Sonando, citoyen français. Surya Subési donne une conférence de presse improvisée aux 300 supporters de Mâm Sonando, rassemblés devant la cour. Il déclare « respecter la souveraineté et la compétence du gouvernement », et considère ses recommandations comme « faisant partie d’un débat national normal et franc, qui débouche sur une discussion professionnelle ».

* Le 18 décembre, la Cour provinciale de Svay Rieng classe les accusations contre le gouverneur de Bavet qui a tiré sur une manifestation d’ouvrières et qui a blessées trois d’entre elles, le 20 février dernier... Les associations de défense des droits de l’homme protestent : « C’est un exemple parmi d’autres du niveau d’impunité et de mépris de la loi qui règne au Cambodge », déclare l’ADHOC. Les syndicats décident de manifester en début janvier.

* Le 14 août, la Cour municipale de Phnom Penh convoque Chan Soveth, coordinateur de l’ADHOC pour la région de Kratié. Quelques jours auparavant, Hun Sen avait accusé publiquement un membre d’une ONG d’avoir aidé le mouvement sécessionniste de Kratié. Mais comme Chan Soveth suit un cours de formation en Thaïlande, la convocation a été reportée au 24 décembre. Le 19 décembre, les diplomates de quatre pays européens (France, Suède, Grande-Bretagne et la représentation de l’Union européenne) rencontrent l’ADHOC pour assurer leur soutien à l’association. Depuis 2005, l’ADHOC a reçu 2,6 millions de dollars de l’Union européenne. Le 24 décembre, la Cour questionne Chan Soveth, mais ne le place pas en détention, tout en maintenant ses accusations : en mai dernier, Chan Soveth a aidé un homme qui n’avait pas mangé depuis trois jours, et lui a donné 57 dollars pour passer deux nuits dans une chambre d’hôte. Cet homme s’est présenté sous le nom de Tin Chhang et se disait victime d’un conflit foncier. En fait, cet homme était Ma Chhang, recherché depuis par la police comme meneur du « mouvement sécessionniste ». Cela pose le problème de l’action humanitaire : peut-on être condamné pour avoir aidé, sans le savoir, un malheureux qui se présentait à vous ? L’ADHOC continue d’affirmer son droit à fournir une assistance humanitaire à ceux qui en ont besoin, mais qui ne sont pas encore l’objet d’un mandat d’arrêt. Cependant, l’ADHOC ne peut aider quelqu’un à s’évader de prison. Bun Ratha, chef du « mouvement sécessionniste », condamné par contumace à 30 ans de prison et caché à l’étranger, affirme que ni Mân Sonando, ni Chan Soveth, ne sont impliqués dans son mouvement.

* Le 25 décembre, le tribunal provincial de Ratanakiri classe sans suite les plaintes contre Pen Bonnar, Chhay Thy, ancien et nouveau coordinateur de l’ADHOC à Ratanakiri, accusés d’incitation des minorités Tampoun à la violence contre le gouvernement. Il en est de même pour Ou Virak, président du Centre cambodgien pour les droits de l’homme, et du journaliste Sok Ratha. « C’est la première fois qu’une telle charge contre nous est classée sans suite », dit le courageux Pen Bonnar.

* Le 26 décembre, la Cour municipale de Phnom Penh libère Mme Tim Sakmony, expulsée de Borey Keila et arrêtée en septembre dernier par des policiers en civil. On l’accusait d’accusation frauduleuse pour avoir reçu un appartement de Phamimex et de l’avoir revendu. En réalité, elle n’a jamais demandé d’appartement pour elle, mais pour son fils. Yorn Bopha, expulsée de Boeung Kâk, arrêtée le même jour, attend sa sentence. Peut-être la justice et le gouvernement se sont-ils rendu compte jusqu’où ne pas aller trop loin sans provoquer des réactions internationales.

* Pour la première fois, dans un rapport de 50 pages, compilé auprès de 18 institutions gouvernementales, le Cambodge répond à 83 des 91 recommandations faites par la Commission des droits de l’homme de l’ONU en décembre 2009, sur la corruption, les droits fonciers et le système judiciaire.

Santé

* Le nombre des malades atteints du diabète est en nette augmentation : il affecte 3 % des personnes âgées entre 25 et 64 ans.

* Le 22 novembre, un enfant de 7 ans est mordu par un cobra. Ses parents le conduisent à l’hôpital de Thnâr Pouk, mais on refuse de lui faire une injection antivenimeuse car ce sérum est réservé pour les étudiants qui mesurent les terres. L’enfant meurt. Le responsable de l’hôpital est muté. Le père de l’enfant porte plainte, puis la retire en échange d’une compensation de 4 250 dollars.

Média

* Le 11 novembre, une émission financée par le PNUD, intitulée « Equité hebdomadaire », de 40 minutes, diffusée chaque dimanche depuis 2007, est suspendue pour avoir critiqué l’octroi de concessions dans le Parc national de Virachey (Ratanakiri). Le ministère de l’Information argue d’une faute professionnelle : dans l’émission du 30 septembre, le réalisateur s’est trompé de document.

Armée

* Le 30 novembre, une société khméro-vietnamienne est créée pour générer des revenus pour les Forces armées royales cambodgiennes (FARK). Elle gèrera une carrière de pierres à Kompomg Chhnang, et une plantation de caoutchouc de 6 000 hectares. Les capitaux proviendront du Vietnam, mais on en ignore encore le montant. 10 % des revenus tomberont dans les coffres du ministère de la Défense. Depuis 2010, les unités militaires sont jumelées avec des sociétés qui les financent.

Patrimoine

* Le 18 décembre, le ministre de la Culture inaugure un Centre culturel aborigène à Ratanakiri, conçu avec l’aide de l’ONU et financé par l’Espagne. Si l’Association des Jeunes aborigènes salue cette création, elle fait remarquer qu’en accordant les terres des minorités ethniques en concession, on supprime leur culture.

* Le 14 novembre, les vingt députés de l’opposition quittent l’hémicycle de l’Assemblée nationale en protestation contre un sénateur de la majorité qui a traité leur président de « Phnong », nom du plus important groupe ethnique du Cambodge, mais qui dans l’usage courant des Khmers a pris le signification de « sauvage, cruel, non-civilisé ». La minorité Phnong est furieuse d’avoir été insultée et exige des excuses publiques. Elle demande à ce que le sénateur se rende à Mondolkiri pour faire le sacrifice d’un buffle pour apaiser les esprits insultés.

* Le 28 novembre, Hun Sen déclare qu’il veut conserver les cyclo-pousses à Phnom Penh comme attraction pour les touristes. Il n’y aurait plus que 600 à 700 cyclos en service, contre 1 500 en 2008.

* Des fouilles dans la région de Bantéay Méan Chey découvrent des tombes datant de 2 000 à 2 500 ans.

Crémation du roi Sihanouk

* La crémation du roi Sihanouk est fixée au 4 février. La dépouille mortelle du roi sera transférée le 1er février du palais royal au crématoire construit sur la place Véal Men, devant le Musée national. Selon Sisowath Thomico, secrétaire particulier du roi, la construction du crématoire coûterait cinq millions de dollars, et aurait été accordée à une société appartenant à la fille du ministre du palais royal, proche du pouvoir. Le Premier ministre, affirme pour sa part, que la construction ne revient environ qu’à 1,2 million et, comme le temps était très court, les appels d’offres n’ont pas été faites selon toutes les règles pour gagner du temps. Un nouveau billet de 1 000 riels portant l’effigie du roi sera mis en circulation le jour de la crémation.

DIVERS

* Le 15 novembre, un bateau chinois battant un pavillon de complaisance cambodgien, et qui travaillait sans autorisation, est intercepté en train de transborder 991 tonnes de thon sur deux bateaux indonésien et un philippin.

* Air France cessera la liaison directe entre Paris et Phnom Penh en mars prochain, soit deux ans après avoir ouvert la ligne. Le manque de voyageurs est la raison invoquée. En revanche, Qatar Airways ouvrira une ligne entre Doha et Phnom Penh en février prochain. Philippine Airlines ouvrira également une ligne directe entre Manille et Phnom Penh en mars 2013.