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Asie du Sud-Est - Birmanie / Myanmar

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L’armée Wa poursuit la répression contre les chrétiens dans l’État Shan

L’armée Wa poursuit la répression contre les chrétiens dans l’État Shan

18/10/2018

Deux prêtres salésiens, trois religieuses de la Société missionnaire de Saint-Paul et trois enseignants laïcs ont dû quitter les collines Wa, affirme l’un d’entre eux, un prêtre salésien. Un premier groupe de religieux et de laïcs catholiques avait déjà dû partir quelques semaines plus tôt. Depuis mi-septembre, une nouvelle répression est menée par l’Armée unifiée de l’État Wa (UWSA), avec le soutien de la Chine. Cette dernière craint les liens supposés des chrétiens vivant dans la région Wa, dans les montagnes du nord de l’État Shan près de la frontière chinoise, avec les États-Unis, notamment concernant les Églises baptistes.

Un deuxième groupe de prêtres, religieuses et laïcs catholiques a été chassé de l’État Shan, dans le nord de la Birmanie, par les membres de l’Armée unifiée de l’État Wa (UWSA), qui bénéficient du soutien de la Chine. Deux prêtres salésiens, trois religieuses de la Société missionnaire de Saint-Paul et trois enseignants laïcs ont dû quitter les collines Wa, qui bordent la frontière chinoise. Le père Raymond Than, l’un d’entre eux, est arrivé dans la ville de Lashio le 15 octobre. Il affirmait que les autorités Wa ont délivré, trois jours plus tôt, un ordre d’expulsion pour les membres du clergé qui sont arrivés dans la région après 1992. Ils n’ont eu l’autorisation de ne prendre avec eux que ce qu’ils pouvaient porter. Ils ont également appris qu’un internat local ainsi que la chapelle Notre-Dame-du-Rosaire ont été fermés, explique le père Than. Les chrétiens locaux ont été interdits de pratiquer leur foi, y compris dans leurs propres maisons. Pour le prêtre, les religieux et les laïcs assuraient l’éducation et des services de soins pour la population locale et ils ne faisaient rien de mal, regrette le père Than qui servait dans la paroisse de Wingko depuis 2016. « Nous ne sommes pas des fauteurs de troubles », insiste-t-il.

« Nous continuerons à les aider »

Certains chefs de l’UWSA et leurs alliés chinois prétendent que des membres de plusieurs groupes chrétiens sont liés à des services de renseignement américains… Les autorités Wa ont signalé qu’il n’était pas prévu que les chrétiens qui ont été chassés puissent revenir pour continuer leurs activités missionnaires. Dans la paroisse de Wingko, les Salésiens dirigent un internat depuis 1996 où étaient inscrits 56 élèves, de l’école primaire au lycée. La plupart d’entre eux sont des catholiques de la minorité Lahu, mais certains sont des non chrétiens de la minorité Wa. Le père Than confie qu’avec l’accord de la direction de l’établissement, un arrangement a pu être trouvé pour envoyer les élèves dans une école publique. « Nous continuerons à aider les élèves pour les frais de scolarité », assure le prêtre. Quatorze anciens élèves Lahu de l’internat de Wingko font des études supérieures, et l’un d’entre eux a été ordonné diacre en octobre. Ce sont les autorités Wa qui ont invité l’Église dans la région, et ce sont les Salésiens qui ont répondu à l’appel en 1992. Avant 1960, l’Institut pontifical pour les missions étrangères (Pime) était présent dans les collines Wa et plusieurs lahus sont devenus catholiques, selon les archives.
Fin septembre 2018, un prêtre, cinq religieuses et six enseignants laïcs avaient déjà été chassés de la région dans le cadre d’une campagne menée depuis le 13 septembre par l’UWSA, détruisant au passage plusieurs églises. Ils ont également fermé les écoles chrétiennes et arrêté les pasteurs agissant dans la région. Les chefs de l’UWSA considèrent que les églises construites entre 1989 et 1992 sont légales. Ils interdisent la construction de nouvelles églises et la présence de religieux étrangers, ainsi que l’enseignement de la religion dans les écoles locales. De nombreuses autres minorités vivent dans la région Wa, dont les communautés Wa, Kachin, Ta’ang, Lahu, Lisu, Kokang et Shan. Les chrétiens y représentent environ 30 % de la population.

(Avec Ucanews, Mandalay)

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Photo Evangelos Petratos EU/ECHO