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Asie du Sud-Est - Birmanie / Myanmar

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Une lueur d’espoir dans les pourparlers de paix de Naypyidaw

Une lueur d’espoir dans les pourparlers de paix de Naypyidaw

14/07/2018

La conférence de paix qui se tient du 11 au 16 juillet dans la capitale birmane, Naypyidaw, tente de renouveler la conférence de paix historique de Panglong de 1947. Les centaines de participants à la conférence se voient demander de raviver l’esprit de l’accord historique de Panglong, entre les différentes minorités ethniques et le gouvernement birman. La conférence de Naypyidaw fait suite aux discussions déjà entamées en 2016 et 2017.

L’Armée pour l’indépendance Kachin (KIA), composée en grande partie de chrétiens du nord de la Birmanie, était encore, il y a seulement trois mois, au cœur des combats contre l’armée birmane, qui a employé contre eux son artillerie lourde et ses avions de chasse. Mais aujourd’hui, la KIA fait partie des groupes armés participant aux pourparlers de paix avec les hauts gradés à l’origine de l’offensive. Une conférence a lieu du 11 au 16 juillet dans la capitale birmane, Naypyidaw, à l’image de la conférence de paix historique de Panglong de 1947, pour des pourparlers de paix entre les différentes minorités ethniques et le gouvernement. La conférence a été précédée de premiers échanges en 2016 et 2017.
Sept groupes ethniques armés, connus comme l’Alliance du Nord (Northern Alliance) et dirigés par l’Armée unifiée de l’État Wa (USWA – United Wa State Army), n’ont pas encore signé l’accord national de cessez-le-feu, mais participent à la conférence avec le soutien des Chinois. Les représentants des dix groupes armés qui ont déjà signé l’accord sont également présents. Parmi les plus de sept cents participants à l’ouverture de la conférence se trouvait Christine Schraner Burgener, la nouvelle envoyée spéciale des Nations Unies pour la Birmanie. Mgr Raymond Sumlut Gam, évêque de Banmaw dans l’État Kachin, a décrit le rassemblement comme un pas en avant, en particulier avec la participation de la KIA.
En 2011, des dizaines de milliers d’habitants du Kachin et de l’État Shan voisin ont été déplacés lors de la rupture du cessez-le-feu qui avait duré dix-sept ans. L’Armée pour l’indépendance Kachin serait composée d’environ 4 000 soldats actifs, pour la plupart basés près de la frontière birmane avec la Chine. « J’espère que la conférence portera du fruit pour que les combats diminuent et pour favoriser le retour rapide des personnes déplacées », a déclaré Mgr Gam, membre de l’ethnie Kachin. La conseillère d’État Aung San Suu Kyi a confié lors de son discours d’ouverture qu’il fallait résoudre les « problèmes politiques » concernant les acteurs qui n’ont pas encore signé l’accord de cessez-le-feu. Toutefois, Khin Zaw Win, directeur du think-tank Tampadipa Institute, basé à Rangoun, est plus réservé quant à l’avenir. Pour lui, le manque de discussions concernant la création d’un système fédéral ne cadre pas avec la relance des principes de l’accord de Panglong garantissant l’autodétermination aux différents groupes ethniques.

Un accord de longue haleine

L’armée reste convaincue qu’un processus d’autodétermination risquerait de diviser le pays si certains groupes insistent à propos de leur indépendance. Il demeure qu’une paix durable ne peut être obtenue que si tous les groupes acceptent de signer un accord national de cessez-le-feu. « Le son des fusils se taira si tous les groupes souhaitent vraiment la paix en respectant l’accord », a affirmé le chef militaire birman Min Aung Hlaing lors de l’ouverture de la conférence. Il a prévenu que tout pays, démocratique ou non, ne pouvait posséder qu’une seule force militaire. « Si le processus de paix prend plus de temps qu’il ne faut, il y aura des protestations, des perturbations et des tentatives de manipulation, ce qui finira par détruire la confiance et l’accord durement acquis », a-t-il ajouté.
Les forces armées ont dirigé la Birmanie durant plus de cinquante ans, avant l’élection du gouvernement d’Aung San Suu Kyi en avril 2016. Pourtant, les militaires possèdent encore une solide autorité politique. Le père de Suu Kyi, le général Aung San, a conduit le pays vers l’indépendance face aux Britanniques après la Deuxième Guerre mondiale, et il a obtenu l’accord de Panglong avec les groupes ethniques Kachin, les Shan et les Chin. Peu après, Aung San a été assassiné et l’accord n’a jamais été respecté. Les groupes ethniques ont une nouvelle fois repris les armes contre le gouvernement, et la conférence de Naypyidaw cherche aujourd’hui à solder une fois pour toutes de cet héritage.

(Avec Ucanews, Mandalay)

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