EDA, Eglise d'Asie - Agence d'information des Missions étrangères de Paris EDA, Eglise d'Asie - Agence d'information des Missions étrangères de Paris

Vous êtes ici : Accueil Asie du Nord-Est Taïwan Courir pour les personnes handicapées avec la Fondation Tobias

Rechercher

Recevoir gratuitement nos dépêches

Asie du Nord-Est - Taïwan

Imprimer

Courir pour les personnes handicapées avec la Fondation Tobias

Courir pour les personnes handicapées avec la Fondation Tobias

03/05/2018

La Fondation Tobias et son centre Saint-Raphaël, dans le diocèse de Tainan au sud-ouest de Taïwan, accueille depuis de nombreuses années les personnes handicapées en leur offrant des soins et une éducation spécialisée. Le père Hugo Peter, directeur de la fondation et prêtre de la Société Auxiliaire des Missions, organise une course qui se tiendra à Tainan le 26 mai, afin de lever des fonds pour permettre au diocèse de continuer ses œuvres. 

Le diocèse de Tainan, dans le sud-ouest de Taïwan, reprend son souffle à l'annonce d'une course à pied, organisée afin de rassembler des dons et de sensibiliser la population sur les activités que mène la Fondation Tobias auprès des personnes handicapées. Le projet sportif semblait voué à l’échec, mais une soudaine vague de nouveaux intéressés a permis de multiplier plus de dix fois le nombre d’inscrits en seulement quelques jours. La Tobias Social Welfare Foundation, qui dépend du diocèse de Tainan, a prévu le départ de cette première « Tobias Cup » le 26 mai dans le parc de Hutou-Pi, situé à quinze kilomètres à l’est de Tainan, dans le district de Xinhua. L’objectif de la course est de rassembler au moins 559 000 euros (20 millions de nouveaux dollars taïwanais).
Initialement, l’évènement a d’abord suscité peu d’intérêt. « J'ai dû me rendre au Vatican le 8 avril, et avant de partir, il y avait seulement cent participants », explique le père Hugo Peter, directeur de la Fondation Tobias. « Quand je suis revenu le 18 avril, il y avait plus de 3 000 inscriptions. C’est formidable. Cela montre toute l’humanité des Taïwanais. » Pour lui, cet appel aux dons est aussi important que son travail de sensibilisation, car cet argent sera utile pour continuer d’aider les œuvres soutenues par l’Église de Tainan. « J’espère que d’autres personnes entendront parler de notre Fondation et choisiront d’aider les nourrissons, les enfants et les adultes touchés par le handicap, ainsi que les familles défavorisées et les personnes âgées... »
Hsu Kuorui, directeur de l’association de running Ang Hia Tshu, qui a déjà participé à quarante œuvres de charité, est partenaire de la Fondation Tobias. Pour Hsu, si tant de Taïwanais ont décidé de courir pour Tobias, c'est parce qu’ils se sont sentis inspirés par l’engagement du père Peter auprès des minorités ethniques défavorisées du sud du pays. Ils veulent participer. « Ils ont même appelé à s’inscrire autour d’eux et ont voulu s’engager auprès de la Fondation. Tout cela apporte beaucoup d’encouragement au prêtre et aux éducateurs spécialisés de Taïwan », assure Hsu.

Une nouvelle mission

Le père Peter, de la Société Auxiliaire des Missions, a été ordonné en 1970 en Suisse, avant de venir à Taïwan un an plus tard. Soutenu par l’Église et par ses amis, il s’est inscrit au département des Beaux-Arts de la National Taiwan Normal University. Après l’obtention de son diplôme en 1979, il est venu s’installer dans les îles de Penghu, un archipel de 90 îles, situé dans le détroit de Taïwan. Il est resté là durant treize ans. Durant son temps libre, il a enseigné la peinture et les arts plastiques aux jeunes handicapés du Centre de Huimin (Huimin Opportunity Center). C’était le début d’une longue mission. Plus tard, il a quitté l’archipel pour répondre à l’appel de Mgr Joseph Cheng Tsai-fa, évêque de Tainan, où il est toujours engagé auprès des handicapés depuis maintenant vingt-six ans. Afin de proposer un meilleur service à ses nouveaux élèves, il s’est aussi inscrit à un programme sur l'éducation spécialisée de l’université de Tunghai.
Depuis les années 1990, le Centre Saint-Raphaël s’occupe de l’éducation des enfants handicapés de la maternelle jusqu’à l’âge de six ans. Le centre s’est fait une réputation de pionnier dans le pays, dans les domaines des soins et de l’éducation de la petite enfance. Grâce à une équipe de professionnels, il s’attèle au développement intellectuel, linguistique et émotionnel des enfants. Sous la direction du père Peter, ces services se sont développés au fil des années. Il devenait de plus en plus évident que le Centre Saint-Raphaël finirait par dépasser son cadre juridique originel. Le centre est donc devenu une fondation indépendante afin de pouvoir continuer à se développer. Le père Peter avait alors 66 ans et songeait à se retirer. « J’avais prévu de partir à la retraite et je m’y étais préparé pendant environ un an », explique-t-il.

« Ces personnes ont chacune une beauté unique »

Mais les choses ont changé quand l’évêque de Tainan, Mgr Bosco Lin Chin-an lui a confié une nouvelle mission : trouver des fonds à hauteur de 10 millions NT$ (279 000 euros) pour soutenir la fondation. Le père Peter se souvient du don généreux d’un couple de bouddhistes, qui a donné près de 250 000 NT$ (7 000 euros) à la fondation, tout en demandant à leurs amis de participer. Après douze mois de préparatifs, la Fondation Tobias a été ouverte en 2010, en se donnant pour objectif d’assurer la « dignité pour tous ». « La dignité humaine vient de Dieu, et personne ne peut en être privé. Tous, quelle que soit leur condition physique ou mentale, méritent d’être aimés et respectés », soutient le père Peter. Grâce au soutien de la municipalité de Tainan, la Fondation a pu ouvrir un centre sportif pour les personnes handicapées.
Le prêtre a également travaillé sans relâche pour assurer un soin personnalisé aux plus jeunes. Ainsi, le centre intervient à domicile en aidant ceux qui souffrent de problèmes particulièrement handicapants à se laver et à se nourrir. Pour le prêtre, ces personnes, qui peuvent être rejetées ou ignorés par la société à cause de leur handicap, méritent d’être aimées. Il les voit comme des fleurs fragiles qui peuvent s’épanouir si on s’occupe d’elles. Il y a quelques années, il a même imaginé un logo pour le centre Saint-Raphaël, un lotus aux contours imparfaits, qui évoque à la fois leur souffrance et leur potentiel. « Ces personnes sont toutes semblables à des fleurs de lotus », assure le prêtre. « Elles ne sont peut-être pas parfaites, mais elles ont chacune une beauté unique. »

(Avec Ucanews, Tainan)
 

Copyright

Photo Ucanews