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Asie du Nord-Est - Taiwan

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Selon des responsables catholiques, une publicité sur le préservatif mettant en scène une religieuse est révélatrice d'un manque de sensibilité envers l'Eglise [ Bulletin EDA n° 427 ]

16/10/2005

Suite aux protestations de différentes associations religieuses catholiques, un organisme gouvernemental de santé publique a retiré les affiches d'une campagne publicitaire de prévention du sida. Lancée en juin dernier, la campagne recourait notamment à une affiche, placardée sur les murs du métro de Taipei, représentant une religieuse tenant un préservatif dans la main. Joufflue et souriante, la femme habillée en religieuse catholique était accompagnée de la légende suivante : "Même si je n'en ai pas besoin, je sais à quoi ça sert." L'affiche apparaissait également sur des panneaux publicitaires lumineux et des distributeurs automatiques de préservatifs. Pour le Centre de dépistage des maladies sexuellement transmissibles de Taipei, organisateur de la campagne, l'affiche avait pour objet de sensibiliser l'opinion publique sur les relations sexuelles "sans risques dites "protégées". Mais, pour l'Association régionale des religieuses supérieures majeures de Taiwan, une telle utilisation de l'image d'une religieuse catholique est apparue inacceptable et une plainte a été déposée.

L'affaire aurait pu rester relativement confidentielle, si un journal local n'avait été informé de la plainte déposée par les responsables catholiques et n'avait titré un article : "Des religieuses catholiques en colère après une publicité". Quelques jours plus tard, un responsable du Centre de dépistage des maladies sexuellement transmissibles de Taipei s'est présenté au siège de l'Association des religieuses supérieures majeures de Taiwan pour présenter des excuses et informer les religieuses du retrait de la publicité litigieuse. Sr Luke Liu Chao-jan, présidente de l'Association, a accepté les excuses et retiré la plainte, se contentant de déclarer qu'à l'avenir, elle espérait que les agences de publicité se garderont bien d'utiliser l'image d'aucun religieux de quelque religion que ce soit.

Pour le P. Jean Wang Cheng-chien, président de l'Association régionale des religieux supérieurs majeurs de Taiwan, l'agence gouvernementale de santé aurait dû demander son avis à l'Eglise avant de lancer sa campagne. L'Eglise enseigne le respect de la vie dont il découle des exigences morales, explique le prêtre, et, "de fait, utiliser l'image d'une religieuse pour encourager l'utilisation des préservatifs est non seulement inacceptable, mais cela place les catholiques dans une situation ambiguë et les met mal à l'aise 

Pour Chiang Chi-wen, ancienne directrice du Centre d'action sociale de la ville de Kaohsiung, un tel incident met en lumière le fait que "la société taiwanaise connaît peu l'Eglise catholique et la perçoit uniquement comme un groupe minoritaire". Le travail que des religieuses catholiques font dans le pays, notamment auprès des personnes atteintes du virus du sida, ainsi qu'auprès d'autres groupes de personnes marginalisées par le reste de la société, est méconnu, explique-t-elle (1).

En 2004, une précédente campagne publicitaire de prévention du sida avait déjà suscité des critiques, notamment auprès des personnes atteintes par le virus. Pour Ah Wai, un séropositif âgé de 44 ans, cette campagne avait été "totalement inefficace" en mettant en avant des propos discriminatoires tels que : "Avec le sida, la vie est sans dignité et la mort est horrible." Il ajoute que, si le taux de prévalence du virus du sida est en baisse chez les homosexuels, il ne cesse d'augmenter chez les hétérosexuels, et tout spécialement chez les jeunes. D'après le Centre taïwanais de contrôle des maladies infectieuses, une personne sur cinq ayant contracté le sida a entre 15 et 24 ans. Sur les 5 221 cas recensés début 2004, près de 40 % sont des personnes se déclarant hétérosexuelles et 36 % homosexuelles.

Notes

(1)Ainsi, à Taipei, un centre non gouvernemental d'information et de soutien pour les personnes atteintes du virus du sida est animé par des religieuses, Filles de la Charité de St Vincent de Paul. Baptisé la "Maison de Lourdes", ce centre permet d'assurer un soutien psychologique et spirituel auprès des patients et de leurs familles en allant les visiter dans les hôpitaux ou les prisons, mais il a également un souci de prévention. "Alors que de nos jours les personnes sont de plus en plus exposées, elles ne savent pas comment se protéger. Nous avons donc renforcé notre service d'écoute téléphonique ainsi que notre site Internet, afin que ces informations soient plus largement accessibles à la jeunesse déclare Sr Teresa Hsieh, directrice du centre.<br />