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Asie du Nord-Est - Mongolie

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L'EGLISE TRAVAILLE DANS LA TRANSPARENCE Une interview du P. Wenceslao Padilla [ Bulletin EDA n° 265 ]

16/05/1998

Combien de catholiques y a-t-il aujourd'hui en Mongolie ?

Il y a actuellement 60 catholiques en Mongolie. Nous avons une vingtaine de personnes qui se préparent au baptème pour Avril 1998. 150 Mongols et étrangers assistent à la messe du dimanche. La communauté catholique internationale est surtout constituée de diplomates, de banquiers et de membres d'organisations internationales, dont certains font des dons pour nos projets.

Notre groupe de jeunes forme un milieu fertile pour les conversions, mais nous devons être attentifs aux motivations réelles. Le groupe, qui comprend des catholiques et des non-catholiques, est le pilier de la mission catholique actuellement. Une trentaine de ces jeunes a rejoint les projets d'aide aux pauvres et aux sans abris.

A quoi êtes-vous attentifs concernant les baptèmes ?

Ceux qui souhaitent être baptisés suivent un cours d'instruction religieuse chaque semaine pendant neuf mois. Ils ne sont pas baptisés s'ils manquent huit cours. Le sacrement de baptème n'est pas donné à tous. Nous demandons à ceux qui souhaitent le baptème ce qui les attire vers l'Eglise. Certains disent que c'est le fait que les prêtres de la mission sont étrangers et qu'ils parlent anglais, ou bien que c'est le fait que les convertis sont envoyés à l'étranger pour étudier. Ils recherchent également une aide financière. Nous devons rendre leurs motivations plus désintéréssées.

Quelles sont les autres activités de la mission ?

Nous hébergeons 60 enfants jusqu'à l'âge de 12 ans. Du mercredi au vendredi, nous travaillons avec les gens de la rue et leur donnons des vêtements, de la nourriture, et des médicaments. Le dimanche matin, les soeurs missionnaires de la Charité donnent à manger à une centaine de sans-abris.

Pourquoi vous préoccupez-vous des enfants des rues et de distribution de nourriture?

Les enfants dont nous nous occupons sont des fugueurs, ou bien ils ont été abandonnés. Dans les familles pauvres, les parents alcooliques négligent ou maltraitent leurs enfants. Certaines familles sont trop pauvres pour nourrir ou vêtir leurs enfants. Les parents consomment beaucoup de vodka. Les Mongols ne peuvent atteindre l'auto-suffisance pour les légumes car la saison des cultures ne dure que trois mois. Ils en importent de Chine, de Russie et d'Europe de l'Est. La plupart des familles ne mangent qu'un repas par jour, surtout du pain et du mouton.

Comment l'économie affecte-t-elle le travail de l'Eglise ?

La mission catholique donne des bourses à six étudiants depuis trois ans. Les étudiants doivent payer 400 dollars par an de frais universitaires. Le salaire mensuel moyen est de 50 dollars. Nous finançons aussi des étudiants à l'étranger. L'une de ceux-ci est étudiante en psychologie, elle fera partie de notre aumônerie étudiante lorsqu'elle aura terminé ses études.

Pourquoi l'aumônerie étudiante ?

Les jeunes gens ne savent pas vers qui se tourner. S'ils ont des problèmes, ils boivent, quittent l'école. Personne n'est là pour les aider à trouver un chemin. L'alcoolisme est un problème grave chez les jeunes. Ils disent tous qu'ils boivent parce qu'ils sont très pauvres et qu'ils voudraient oublier leurs problèmes.

Comment mesurez-vous les résultats de votre action ?

Les relations diplomatiques entre le Vatican et la Mongolie furent établies en Mars 1992, à la demande de la Mongolie. En juillet de la même année, 3 prêtres de la congrégation du Coeur

Immaculé de Marie (CICM) arrivèrent dans la capitale, Oulan-Bator. La Mongolie était une expérience très nouvelle pour nous trois car nous commencions à zéro. Il n'y avait aucun catholique, pas d'Eglise ni de tradition et personne pour nous aider.

Comment voyez-vous l'avenir de l'Eglise en Mongolie ?

J'espère que nous aurons plus de prêtres pour pouvoir nous établir dans d'autres villes et provinces. Nous voyons notre mission évoluer vers des programmes sociaux et de développement économique. Nous avons déja commencé des cours d'informatique et des cours gratuits d'anglais, cinq jours par semaine, pour 250 étudiants. Nous nous préoccupons également de problèmes relatifs à l'environnement en Mongolie. Il y a eu de très grands incendies il y a quelques années et récemment une réapparition du choléra. Nous avons demandé de l'argent pour résoudre ces problèmes.

Notre prochaine action sera en faveur des prisonniers. Nous voulons visiter les prisons et aider les détenus qui ont très peu de nourriture, de vêtements, de médicaments et d'assistance.

Comment sont les relations entre l'Eglise et le gouvernement?

Lorsque nous entreprenons un projet de travail social ou autre je cherche à ce qu'il soit garanti par un service gouvernemental, afin qu'il y ait de la transparence dans tout ce que nous entreprenons. Au niveau national et au niveau local, les agences gouvernementales nous ont apporté leur soutien pour tous nos projets.

Qu'en est-il du personnel de l'Eglise catholique et des installations?

En tout, nous sommes 17 prêtres, séminaristes et soeurs, y compris 6 CICM, le P. N. Lee de Corée, des soeurs coréennes de St Paul de Chartres, des soeurs CICM et des soeurs missionnaires de la Charité. Nous avons un bâtiment neuf de quatre étages qui va être inauguré et que nous utilisons déja en partie. Il abritera 60 enfants de la rue et une école professionnelle qui donnera une formation de charpentier et de mécanicien pour véhicules automobiles.

Ndlr

[NDLR. Le P. Wenceslao Padilla, des Pères de Scheut (CICM), supérieur de la mission catholique d'Oulan-Bator, représente la Mongolie à l'assemblée du synode des évêques d'Asie qui se tient en ce moment au Vatican. Ce prêtre philippin qui fut un des missionnaires pionniers en Mongolie à partir de juillet 1992, trois mois après l'établissement de liens diplomatiques entre ce pays et le Saint-Siège, a passé 15 ans à Taiwan avant d'entreprendre sa mission actuelle. Il parle de l'Eglise catholique dans cet ancien Etat communiste.]<br />

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(EDA, UCAN, 01.05.98)<br />