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Asie du Nord-Est - Japon

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Sommet Mékong-Japon : Aung San Suu Kyi obtient le soutien de Tokyo

Sommet Mékong-Japon : Aung San Suu Kyi obtient le soutien de Tokyo

13/10/2018

Le premier ministre japonais Shinzo Abe a promis son aide pour le rapatriement des réfugiés birmans, lors du Xe sommet Mékong-Japon qui s’est tenu à Tokyo le du 9 au 10 octobre en présence de la conseillère d’État Aung San Suu Kyi. Durant sa visite officielle au Japon, où elle est arrivée le 5 octobre, la dirigeante birmane a rencontré Shinzo Abe dans l’objectif de soutenir l’investissement et le commerce entre le Japon et la Birmanie, alors que la crise des réfugiés Rohingyas a eu un impact négatif sur l’économie de son pays.

Le gouvernement japonais « fera son maximum pour aider la Birmanie à construire un pays démocratique », a déclaré le premier ministre japonais Shinzo Abe le 9 octobre lors d’une conférence de presse commune organisée à Tokyo avec la conseillère d’État Aung San Suu Kyi, lors du Xe Sommet Mékong-Japon. Tokyo a assuré apprécier à leur juste valeur les efforts de la conseillère d’État malgré « un programme difficile », comprenant notamment des réformes économiques et les « problèmes liés à l’État de Rakhine », a soutenu le premier ministre japonais. Sans citer directement la crise touchant la minorité Rohingya, Shinzo Abe a confié que le problème concernant les réfugiés pose une question « très complexe et très grave ». Il a promis son aide pour leur rapatriement en Birmanie. De son côté, Aung San Suu Kyi a déclaré qu’elle « accueille et apprécie la position du Japon », tout en affirmant qu’une commission indépendante, lancée en juillet, a reçu l’autorité et le pouvoir de « conduire une enquête efficace » à propos des accusations de violations des Droits de l’Homme dans l’État de Rakhine.
La présence de la conseillère d’État au Japon, où elle est arrivée le 5 octobre, était aussi pour elle l’occasion de poursuivre des négociations avec Tokyo à propos de l’investissement et du commerce entre le Japon et la Birmanie. Le 7 octobre, elle a visité une exploitation agricole dans le village d’Izumizaki (dans la préfecture de Fukushima), afin de voir comment Tokyo gérait le dépeuplement des campagnes. De retour dans la capitale japonaise le 8, elle a participé un évènement organisé par le Centre ASEAN-Japon dans le cadre des « nouvelles routes de la soie ». À Tokyo, elle s’est exprimée lors d’une conférence sur l’investissement birman (« Renforcer les liens entre la Birmanie et le Japon »), organisée par Jetro, l’organisation japonaise du commerce extérieur. Dans son discours, elle a déclaré auprès des représentants de quatre cents entreprises japonaises qu’elles pouvaient investir dans son pays avec confiance, malgré les difficultés que traverse la Birmanie dont la crise humanitaire dans l’État de Rakhine. Elle a notamment souligné les réformes positives adoptées par son gouvernement en faveur des investissements étrangers et d’un meilleur cadre juridique.

900 millions de dollars d’investissements en moins

Pour le gouvernement civil birman, les réformes économiques sont une des clés pour achever la transition démocratique du pays, commencée après soixante ans d’isolement sous une dictature militaire. Toutefois, la croissance économique birmane a ralenti à cause d’une chute soudaine des investissements étrangers (ce qui représente presque 900 millions de dollars d’investissements en moins au cours de l’année dernière), en raison de la mauvaise réputation dont a souffert le pays à cause des violences perpétrées contre les Rohingyas. Afin de revitaliser le secteur touristique, les autorités birmanes ont également lancé un programme qui autorise les citoyens du Japon, de Corée du Sud, de Hong-Kong et de Macao d’entrer dans le pays sans visa. Le 10 octobre, Aung San Suu Kyi a accompagné une délégation birmane au sommet international, présidé par le premier ministre japonais Shinzo Abe en présence des dirigeants cambodgien, laotien, thaïlandais et vietnamien. Le cœur des échanges portait sur la stratégie indopacifique du Japon qui se veut « libre et ouverte » et qui cherche à contrer l’influence grandissante de la Chine dans la région par le biais des « nouvelles routes de la soie » (BRI). Selon Tokyo, la stratégie consiste à soutenir le développement d’infrastructures de qualité dans les pays traversés par le fleuve du Mékong (Thaïlande, Laos, Cambodge, Vietnam, Birmanie et Chine).

(Avec AsiaNews, Tokyo)

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Photo Gunawan Kartapranata