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Asie du Nord-Est - Japon

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Au Forum de Yokohama sur le sida, des catholiques ont témoigné de la lutte de l’Eglise en faveur de la vie [ Bulletin EDA n° 469 ]

16/09/2007

D’après les statistiques du ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, du Comité d’action contre le sida et d’autres sources, le Japon est la seule nation des pays avancés de la planète où le nombre de personnes atteintes du syndrome d’immunodéficience acquise (AIDS) est en augmentation, indique le Catholic Weekly, du 26 août dernier. Le taux élevé des jeunes atteints de maladies sexuellement transmissibles est également devenu un sérieux problème de société, mais ces sujets ne sont pas encore largement admis au Japon, les données étant difficilement accessibles.

L’AIDS Culture Forum de Yokohama a tenu ses assises en août dernier, comme chaque année depuis 1994. Une rencontre de trois jours, à partir du 3 août, a été organisée dans la Maison commune de la préfecture de Kanagawa à Yokohama, qui offrait, avec une quarantaine de conférences, des ateliers et différents stands d’exposition. Cette année, le but était d’élargir le sujet aux domaines de l’éducation, de la lutte contre les discriminations et du respect des droits de l’homme (1). Parmi les sept groupes organisateurs de ces assises se trouvaient, entre autres, le diocèse catholique de Yokohama, le YMCA, la Table ronde anti-sida de la Chambre de commerce et le service conseil de l’assistance téléphonique « Au service de la vie » (2).

Autour de la table ronde sur le thème « Réflexions sur religion et sida », Mgr Koda Kazuo, évêque auxiliaire de Tokyo, et un moine bouddhiste, Furukawa Junya, de la secte Honganji du Jodo Shinshu, ont exposé leurs points de vue en tant que responsable religieux. Le docteur Iwamuro Shinya, le coordinateur du groupe, a déclaré: « Dans le catholicisme, l’homosexualité et le préservatif sont interdits tout comme les rapports sexuels sans intention de procréer. Je me demande donc si le catholicisme est vraiment une religion capable d’éliminer le sida. C’est pourquoi j’ai choisi de participer au groupe catholique de réflexion sur le sida. »

Ce à quoi, Mgr Koda a répondu : « Le fondement de la foi catholique est que Dieu est le Père de l’humanité et que l’existence d’un être humain est précieuse car elle lui a été donnée par amour et bonté. Je ne voudrais pas parler du préservatif (savoir si c’est bien ou mal) comme d’un problème superficiel où on répond pas oui ou par non. Ce qui est plus important, c’est que nous ne nous regardions pas les uns les autres comme des objets sexuels, mais que nous acceptions l’autre comme notre prochain et que nous le traitions ainsi. »

Dans le hall des expositions, Caritas Japan participait à ce Forum en distribuant des brochures expliquant les efforts de son service anti-sida et des Eglises catholiques en général. Certains visiteurs demandaient : « Les catholiques sont contre l’avortement, non ? ». L’équipe Caritas expliquait alors le fondement du problème en insistant sur l’importance du respect de la vie.

Une conférence de Mizutani Osamu, le très connu « professeur spécialiste des rondes de nuit », a été le temps fort de ce forum. Mizutani, en effet, parcourt les rues de Yokohama la nuit pour rencontrer et conseiller les jeunes noctambules. Etaient également organisés à ce Forum des ateliers animés par des séropositifs et des groupes associatifs travaillant tant au Japon qu’à l’étranger. Ainsi Sakata Kumiko, une catholique membre de la Raks Thai Foundation, a présenté les communautés de bases de Thaïlande comme une des réponses au problème du sida.

Une des participantes au Forum, Suginami Akiko, représentant la paroisse de Seta à Tokyo, a souligné combien il était nécessaire que les initiatives en ce domaine s’inspirent de l’optique catholique, ajoutant : « Il est important d’éviter l’idée que la prévention contre le sida ne se réduit qu’à l’utilisation du préservatif. Au contraire, nous avons besoin d’une formation à la vie qui nous aide à changer notre propre conscience et notre propre mode de vie dans l’estime de la vie des autres. »

Notes

(1) Voir EDA 262, 334 et 382 (2) Voir EDA 444