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Asie du Nord-Est - Japon

La Commission "Justice et paix" de l'épiscopat japonais demande au gouvernement la fermeture de toutes les centrales nucléaires [ Bulletin EDA n° 296 ]

01/11/1999

A la suite de l'accident du 30 septembre dernier, la Commission "Justice et paix" (JCCJP) de l'épiscopat japonais vient de demander la fermeture de tous les sites nucléaires au Japon. La déclaration publiée le 8 octobre par la Commission "Justice et paixplacée sous la responsabilité de la Conférence des évêques catholiques du Japon, demande une fermeture progressive des cinquante-deux centrales et l'arrêt de toute l'industrie nucléaire. La sécurité est prioritaire en ce domaine. Or, toutes les centrales nucléaires ont pris de l'âge au fil des années et sont devenues une menace pour la population. Dans l'intérêt, non seulement du peuple japonais, mais de toute l'humanité, la Commission "Justice et paix" dans sa déclaration se prononce pour un abandon de l'énergie nucléaire et pour le développement de sources d'énergie alternatives (énergie solaire, éoliennes, etc.)

A la centrale de Tokaimura, à une soixantaine de kilomètres au nord-est de Tôkyô, l'accident du 30 septembre, dû à une erreur de manipulation du combustible nucléaire, a déclenché une réaction en chaîne et a entraîné pendant dix-sept heures une très forte élévation du rayonnement neutronique, une des radiations les plus dangereuses qui soit. Parmi les 46 personnes exposées, deux ouvriers ont été gravement irradiés et se trouvent encore dans un état critique. Sur ordre des autorités, 200 personnes ont été évacuées et 300 000 autres maintenues confinées chez elles durant 24 heures. A la suite de cet accident, le plus grave de ce genre qu'ait connu le Japon, le JCCJP a donc demandé au gouvernement de fermer définitivement toutes les installations à combustible nucléaire et de mettre un terme à l'utilisation du plutonium.

Le 7 octobre, la Conférence des évêques du Japon avait déjà de son côté fait parvenir un message au Premier ministre, Keizo Obuchi et aux autorités concernées, le ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur, Takashi Fukaya et le directeur général des sciences et technologies, Hirofumi Nakasone. Dans ce message signé par Mgr Peter Okada Takeo, secrétaire général de la Conférence épiscopale et évêque d'Urawa (diocèse dans lequel s'est produit l'accident) et par Mgr Paul Otsuka Yoshinao, évêque de Kyôtô, président du JCCJP, les évêques avaient simplement demandé plus de sécurité, un effort de prévention, la révision de la politique nucléaire du Japon et la mise à l'étude de sources d'énergie alternatives.

Comparée à ce message du 7 octobre, la déclaration du JCCJP du lendemain va plus loin. Non seulement, elle demande la suppression progressive des centrales nucléaires mais elle fait remarquer que les centrales thermiques ou hydroélectriques classiques produiraient suffisamment d'énergie si on voulait bien les pousser au maximum de leur capacité. Cette déclaration remet également en cause les plans du gouvernement japonais prévoyant la construction de vingt nouvelles centrales nucléaires, qui généreraient un excès d'énergie et amèneraient les centrales non nucléaires à réduire encore plus leur capacité.

Dans sa déclaration, le JCCJP demande encore pourquoi la politique d'énergie nucléaire du gouvernement devrait être poursuivie aux frais des contribuables. L'industrie nucléaire du Japon génère d'énormes profits ce qui ne l'empêche pas d'utiliser une part substantielle des revenus fiscaux étant donné que les coûts de construction et d'exploitation des centrales nucléaires sont plus élevés que ceux des centrales thermiques ou hydroélectriques. La déclaration du JCCJP, enfin, exprime son souci quant aux effets possibles que pourrait générer sur les ordinateurs le passage à l'an 2000 et exhorte le gouvernement à suspendre toute activité dans les centrales nucléaires dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier.