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Asie du Nord-Est - Corée du Sud

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Le Vatican félicite l’Eglise sud-coréenne pour son dynamisme et l’invite à ne pas céder au matérialisme ambiant

Le Vatican félicite l’Eglise sud-coréenne pour son dynamisme et l’invite à ne pas céder au matérialisme ambiant

10/10/2013

La visite en Corée du Sud de Mgr Filoni, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, a été l’occasion d’un bilan pour l’Eglise catholique dont le cardinal a souligné le dynamisme et l’élan missionnaire, tout en mettant en garde les fidèles contre la tentation séculariste et bureaucratique, héritages de la tradition confucéenne.

Si la venue de Mgr Fernando Filoni, du 30 septembre au 6 octobre derniers, était motivée par la célébration du 50e anniversaire de l’érection du diocèse de Suwon, elle a permis au cardinal de rencontrer les évêques, les représentants des laïcs, les séminaristes et un très grand nombre de religieux appartenant à la dynamique communauté catholique de Corée du Sud, dont la croissance l’a fait surnommer le « tigre asiatique de l’Eglise ».

Le 6 octobre à Séoul, lors de l’une de ses dernières allocutions, le préfet du dicastère romain s’est adressé tout particulièrement aux laïcs, rappelant que l’Eglise de Corée s’était bâtie sur le sang des martyrs et que la mission « ne pouvait ni ne devait être déléguée au seul clergé et aux religieux, ne serait-ce que parce qu’en Corée, les débuts de l’évangélisation avaient eu lieu à l’initiative de laïcs pleins de foi ».

Après avoir souligné la formidable croissance de l’Eglise sud-coréenne ces cinquante dernières années, le cardinal Filoni, reprenant un thème récurrent tout au long de sa visite pastorale, a mis en garde la communauté catholique contre « la tentation de vivre une foi confortable », ce qui impliquerait « l’abandon de l’idée même de l’engagement missionnaire ».

En 1949, les catholiques de Corée du Sud ne représentaient que 1,1 % de la population et étaient encadrés par 81 prêtres (1). La croissance numérique a commencé peu après Vatican II avec 2,5 % de catholiques au milieu des années 1960. Cette année 2013, les fidèles ont dépassé les 10 % de la population, et l’Eglise compte 4 600 prêtres et plus de 1 500 séminaristes.

« Aujourd’hui, l’Eglise catholique de Corée est riche en prêtres, en religieux et en religieuses, en séminaristes et en associations de laïcs ainsi qu’en figures historiques » (comme le cardinal Kim Sou-hwan), a résumé Mgr Filoni, qui a ajouté que l’esprit missionnaire soufflait sur la communauté catholique sud-coréenne « non seulement ad intra mais également ad extra », envoyant « plusieurs centaines de missionnaires dans près de 80 pays du monde ».

Mais « ne vous contentez pas du prestige dont l’Eglise jouit dans votre pays, ni de la progression dans les statistiques, aussi significatives soient-elles », a-t-il averti, expliquant que « le plus dur restait à faire (…) dans le domaine de l’audace missionnaire ».

Le cardinal a achevé son allocution par de nouvelles exhortations à voir « les dangers qui guettaient » une Eglise par ailleurs vivante et dynamique, comme la contagion du matérialisme ambiant et l’obsession du rendement. « Un des dangers qui menacent un pays ayant une forte prédilection pour la technologie peut être une certaine propension à la bureaucratisation, au rendement ou à l’efficacité professionnelle, aux dépens d’une vision plus personnelle de l’être humain, comme si l’Eglise était une entreprise à but non lucratif ou une sorte de ‘pieuse ONG’», a-t-il expliqué.

Cette volonté de « rendement » comme l’intérêt porté aux résultats statistiques, cités par le cardinal Filoni, ne sont pas sans évoquer la récente campagne de la Conférence des évêques catholiques de Corée (CBCK) intitulée Evangelization Twenty Twenty, qui s’est fixée pour but « d’augmenter de 20 % d’ici 2020 » le nombre de catholiques sud-coréens.

« Un problème plus enraciné encore, a poursuivi le préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, consiste, selon les principes du confucianisme, à ne pas prendre en compte la réalité hétérogène de l’Eglise et ses valeurs de fraternité et de communion ecclésiale, mais tout au contraire à accorder la priorité au rang, à l’âge ou au prestige au sein de la société. »

Au sanctuaire des Martyrs de Choltusan le 5 octobre, Mgr Filoni a rappelé les fondements de l’Eglise de Corée dans le sang des martyrs, lesquels invitaient tous les fidèles « à la sainteté et à une fidélité généreuse au Christ ». La sainteté « n’est pas un accessoire de la foi », a-t-il poursuivi, ajoutant que « l’Eglise qui était en Corée avait besoin aujourd’hui de l’exemple des saints martyrs pour retrouver vigueur et force, (…) devenir levain et ferment, être un instrument de communion et de paix dans le Christ ».

Lors de la messe célébrant le jubilé du diocèse de Suwon le 3 octobre, plus de 45 000 fidèles s’étaient rassemblés dans un grand stade de la ville, pour assister à la célébration dirigée par le cardinal Filoni aux côtés de Mgr Matthias Ri Iong-hoon, évêque de Suwon.

Le diocèse de Suwon est le deuxième territoire ecclésiastique catholique en Corée du Sud après Séoul : il accueille 430 prêtres pour un million de catholiques et un nombre croissant de vocations (2). « L’effort d’évangélisation, a expliqué Mgr Ri Iong-hoon à l’agence Fides, a vu un renforcement constant des paroisses, qui sont désormais 202 avec une moyenne de 4 000 catholiques chacune. » Très engagé dans le domaine social, comme la plupart des diocèses catholiques en Corée du Sud, Suwon « pratique l’accueil et l’assistance aux immigrés (…), a mis en place un service de pastorale des prisons, et consacré un secteur spécifique de la Caritas pour s’occuper de l’accompagnement des ressortissants de Corée du Nord », a encore précisé Mgr Ri Iong-hoon.

Dans le domaine scolaire, l’Eglise de Suwon gère également 40 écoles maternelles, cinq écoles primaires, deux lycées pour un total de 3 000 jeunes inscrits, avec « plus de 30 associations et mouvements ecclésiaux offrent une contribution fondamentale à l’action pastorale ».

« [Les échanges avec Mgr Filoni ] nous ont encouragés à devenir davantage missionnaires, conclut Mgr Yeom Soo-jung, évêque de Séoul, dans l’Osservatore Romano du 9 octobre dernier. L’Eglise de Corée a reçu beaucoup de soutien de la part d’autres Eglises. Désormais, il est temps pour elle d’aider les Eglises dans le besoin, surtout celles du Sud-Est asiatique où l’œuvre d’évangélisation est urgente. Je crois que c’est la mission que Dieu lui a confiée. »

(eda/msb)
 

Notes

(1) Sur l’histoire de l’évangélisation en Corée, voir http://eglasie.mepasie.org/asie-du-nord-est/coree-du-sud/2003-11-01-leglise-catholique-de-coree-fete-ses-103-martyrs
(2) Le séminaire interdiocésain de Suwon accueille 190 séminaristes et 1 300 jeunes des collèges fréquentent un cours propédeutique pour entrer au séminaire. Suffragant de l’archidiocèse de Séoul, le diocèse de Suwon, érigé en 1963 par le pape Paul VI, compte aujourd’hui 7 565 000 habitants dont 787 000 catholiques, 198 paroisses, 456 prêtres dont 73 religieux, 177 religieux non prêtres et 1 433 religieuses.