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Asie du Nord-Est - Corée du Sud

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A la veille des élections législatives du 15 avril 2004, les évêques catholiques demandent aux chrétiens de faire vivre les valeurs de l'Evangile en politique [ Bulletin EDA n° 395 ]

16/04/2004

Evangéliser la politique, apporter les valeurs chrétiennes dans la gestion de la vie publique, assurer le bien commun en ouvrant selon les critères de justice, de solidarité, d'honnêteté : telle sont les indications données par les évêques catholiques de Corée à tous les électeurs coréens. A quelques jours des élections législatives du 15 avril et à l'occasion des fêtes de Pâques, les évêques ont publié, chacun dans leur diocèse, des Lettres pastorales ou des messages dans lesquels ils soulignent la nécessité pour tous les Coréens de participer activement aux élections. A l'attention des chrétiens, ils ajoutent que ceux-ci ont la responsabilité de prendre une part active à la vie politique du pays, pour apporter leur contribution en accord avec la doctrine sociale de l'Eglise. En particulier, les évêques de Corée expriment leur préoccupation face aux divisions et au climat de confusion que l'on note dans le pays à la veille du vote, du fait de la récente "mise en état d'accusation" du président Roh Moo-hyun ; ils invitent les électeurs à voter pour les candidats qui voudront se "consacrer avec zèle et avec patience à construire le bien commun dans la société".

Mgr Nicholas Cheong, archevêque de Séoul, a déclaré dans son message : "Ce dont nous avons le plus besoin aujourd'hui, c'est d'une forme nouvelle de coexistence, de réconciliation et d'unité." Il demande aux fidèles d'exercer leur droit de vote, "un droit sacré pour créer un avenir de bonheur et de bien-être pour le peuple coréen. Ces élections, en effet, ont une signification spéciale pour le destin de la nation.

Mgr Paul Ri Moun-hi, archevêque de Taegu, a pour sa part déclaré : "En célébrant la fête de Pâques, nous devons vivre une vie d'amour et de don au prochain." Il demande d'appliquer ce style de vie pendant et après les élections. Pour Mgr Andreas Choi Chang-mou, archevêque de Kwangju, l'appel est le suivant : "Nous, les chrétiens, avons un point de référence unique, Jésus-Christ et la vérité de son Evangile. Quand nous restons dans l'unité que Jésus désire pour nous, malgré la diversité des opinions, nous pouvons réaliser l'unité dans la diversité."

Au-delà du strict enjeu des élections législatives, les évêques insistent pour dire à leurs fidèles qu'ils doivent répandre et annoncer au monde la joie pascale. Ils les invitent à prendre des initiatives concrètes pour résoudre les problèmes de la société coréenne, comme le mépris de la vie qui se traduit par un nombre considérable d'avortements et par la désagrégation des familles dont l'envolée du nombre des divorces témoigne.

Deux enjeux dominent les élections législatives du jeudi 15 avril : le rétablissement dans ses fonctions du président Roh Moo-hyun, destitué en mars dernier par un vote de l'Assemblée nationale, et le renouvellement de la classe politique par l'arrivée de nombreuses femmes. La politique vis-à-vis de la Corée du Nord, les relations avec les Etats-Unis, l'envoi de renforts en Irak et la poursuite des réformes économiques figurent, certes, en bonne place dans les programmes des partis. Mais le grand choix proposé aux électeurs est de confirmer dans ses fonctions le chef de l'Etat en soutenant le parti Uri qui lui est favorable ou, au contraire, le Grand parti national (GPN, conservateur), majoritaire dans la Chambre sortante, qui a voté sa destitution. Roh Moo-hyun a été destitué le 12 mars pour s'être départi de sa neutralité au début de la campagne électorale. La décision des électeurs est cruciale pour le chef de l'Etat, dont le sort dépend de la Cour constitutionnelle. En effet, dans l'hypothèse où le parti du président obtient la confiance d'une majorité d'électeurs, il semble peu vraisemblable que la Cour constitutionnelle se prononce contre la volonté populaire en confirmant la destitution (1).

Notes

(1)A l'heure où nous mettons sous presse, les résultats de la consultation ont donné la majorité absolue (152 sièges sur un total de 299) au parti Uri, le parti du président, marquant ainsi la fin probable de la grave crise politique qui a agité le pays au cours de ces derniers mois.<br />