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Asie du Nord-Est - Corée du Nord

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La liberté religieuse en Corée du Nord n'existe que sur le papier, affirme un rapport du gouvernement sud-coréen [ Bulletin EDA n° 284 ]

01/04/1999

Alors que la liberté religieuse est inscrite dans sa constitution, la Corée du Nord impose des limites très strictes à toute pratique religieuse sur son territoire. C'est ce que constate un rapport récent du gouvernement sud coréen.

L'Institut coréen pour l'unification nationale, d'inspiration gouvernementale, indique en effet, que les activités religieuses sont pratiquement inexistantes en Corée du Nord malgré la Constitution qui garantit à tout citoyen la liberté religieuse et le droit de bâtir les équipements nécessaires à la pratique de sa religion. "Cela n'empêche pas le gouvernement nord-coréen d'annoncer 12 000 protestants et 500 lieux de culte alors que les uns et les autres sont très peu nombreuxpeut-on lire dans le Livre blanc que vient de publier l'Institut sur le respect des droits de l'homme en Corée du Nord. Depuis la fin de la guerre de Corée jusqu'en 1988, le culte chrétien n'était autorisé que dans les maisons particulières, après quoi une seule église catholique et deux protestantes furent érigées, toutes les trois à Pyongyang. Le Livre blanc ajoute que les organisations religieuses nord-coréennes, qu'elles soient protestantes, catholiques, bouddhistes ou qu'il s'agisse du Chondo-gyo (chemin du ciel), n'existent que sur le papier, et pour "prouver" aux visiteurs étrangers que la liberté religieuse est bien réelle. "L'église catholique de Changchung et le temple protestant de Bongsu, à Pyongyang, ne sont ouverts que pour les catholiques ou protestants sud-coréens ou les étrangers en visite. Des groupes de (prétendus) chrétiens alors sont mobilisés pour faire de la figuration".

Le même rapport indique que 300 000 protestants, 35 000 bouddhistes, 30 000 catholiques et 12 000 fidèles du Chondo-gyo ont disparu depuis 1958, date du lancement de la grande campagne antireligieuse nationale. Le président Kim Il-sung avait déclaré, dans un discours de 1972, avoir ordonné que tous les responsables des Eglises catholiques et protestantes soient "exterminés" pour cause d'obstruction à l'essor communiste. "Il n'est pas exagéré de dire que la liberté religieuses n'existe pas en Corée du Nord. Les croyants qu'on nous présente n'existent que pour des effets de représentation" a affirmé à des journalistes, Suh Jae-jean, le directeur de l'Institut, le 12 mars dernier.

Les violations des doits de l'homme en Corée du Nord sont massives, témoigne encore le Livre blanc, en particulier à l'égard des prisonniers politiques des camps de concentration. "Plus de 200 000 prisonniers politiques, y compris un certain nombre de déserteurs sud ou nord-coréens et d'autres personnes arrêtées arbitrairement, sont retenus dans plus de 10 camps de concentration ils sont privés de leurs droits les plus élémentaires et soumis à des sévices".

Le rapport estime encore que 800 000 Nord-coréens sont morts de faim depuis deux ou trois ans et affirme que le manque de nourriture a dangereusement lézardé les fondements de la société nord-coréenne avec de plus en plus de gens qui abandonnent leur domicile pour trouver de quoi manger pour eux-mêmes plutôt que pour leur famille.