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Asie du Nord-Est - Chine

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L’église de saint François Xavier présentée par la Chine au Patrimoine mondial de l’Unesco

L’église de saint François Xavier présentée par la Chine au Patrimoine mondial de l’Unesco

16/12/2016

Depuis des années, la Chine est très active pour faire classer ses sites historiques au Patrimoine mondial de l’Unesco. Malgré sa méfiance à l’égard des religions, surtout celles considérées comme « importées », Pékin présente la candidature de l’église catholique Saint-François-Xavier de ...

... Shangchuan, à la prestigieuse liste de l’organisme onusien. Cette chapelle, qui abrite une stèle rappelant le lieu du décès et de la première inhumation du saint jésuite, fait partie des trente sites qui seront proposés par Pékin en 2018.

Saint François Xavier, né en 1506, fut l’un des fondateurs, avec Ignace de Loyola, de la Compagnie de Jésus. Il a passé une dizaine d’année à évangéliser en Asie, surtout en Inde, puis au Japon. Il est mort le 3 décembre 1552, à 46 ans, sur l’îlot de Shangchuan (ou Sancian), dans l’actuelle province du Guangdong, alors qu’il espérait trouver une occasion d’entrer en Chine. Enterré sur place, le corps du missionnaire navarrais fut exhumé deux mois plus tard pour être transféré à Malacca dans un premier temps puis à Goa, en Inde, où il repose encore aujourd’hui, à la basilique du Bon Jésus de Goa.

« Attirer des pèlerins et favoriser le travail d’évangélisation »

L’église actuelle, l’église Saint-François-Xavier, à Shangchuan, a été rebâtie grâce à des dons venant de l’étranger en 1986 sur le modèle de la chapelle érigée sur les lieux en 1869, construite alors par Mgr Philippe Guillemin, MEP, préfet apostolique du Guangdong et du Guangxi. Surmontée d’une statue représentant le saint, elle renferme le cénotaphe de celui qui est considéré comme un des grands évangélisateurs de l’Asie.

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L’église Saint-François-Xavier photographiée en 1927.
DR

A l’heure actuelle, le lieu de culte est fermé aux visiteurs pour une bonne raison : une rénovation de fond en comble est en cours en vue de la candidature de l’édifice à la liste de l’Unesco. « Le Bureau des Affaires religieuses m’a appris il y a quelques mois que le projet de rénovation commencerait le 12 novembre », a indiqué l’évêque de Jiangmen, Mgr Paul Liang Jiansen, à l’agence d’information catholique Ucanews. « En plus d’attirer plus de pèlerins, cela va bénéficier à notre travail d’évangélisation si plus de touristes visitent l’île », a estimé l’évêque du diocèse dont le territoire comprend l’île de Sancian.

La Chine compte actuellement 35 sites culturels inscrits au patrimoine mondial de l’organisation, 11 sites naturels, et quatre sites « mixtes ». Par le nombre de sites classés, la Chine est le second pays au palmarès de l’Unesco, juste derrière l’Italie. Saint-François-Xavier de Shangchuan deviendrait la première église catholique de Chine à entrer au patrimoine mondial de l’Unesco. Les seuls édifices catholiques classés actuellement en Chine le sont en tant que faisant partie du « centre historique de Macao ». L’île de Macao, ancienne colonie portugaise, revenue sous administration chinoise en 1999, a vu son centre classé en 2005.

Originaire de Navarre (actuel Pays basque espagnol), François Xavier fut l’un des sept premiers membres de ce qui deviendra la Compagnie de Jésus. Il fut envoyé à Goa, une colonie portugaise d’Inde, en 1541, d’abord pour assurer le soin pastoral des colons. Il étendit cependant ses efforts aux Indiens, dans d’autres régions du pays, avec un succès limité. Quatre ans plus tard, il parti pour Malacca, puis vers d’autres îles portugaises d’Asie du Sud-Est, aux Moluques notamment.

Mort aux portes de la Chine

A Malacca, François Xavier avait rencontré des Japonais. Ce qu’il apprend du pays le pousse à se rendre au Japon dans le but d’y faire connaitre le Christ. Le 15 août 1549, il débarque avec quelques compagnons à Kagoshima. Ses Lettres du Japon sont enthousiastes quant aux perspectives missionnaires qu’offre le pays. Il y est bien reçu par les autorités mais a des difficultés avec les moines bouddhistes. Il y baptise un millier de personnes, principalement dans la région de Yamaguchi. Ses contacts avec les autorités civiles et religieuses au Japon lui font comprendre l’importance de l’influence de la Chine dans le domaine philosophique et religieux. Progressivement, il est persuadé que, pour convertir l’Orient, il faut commencer par la Chine. En novembre 1551, il confie sa décision à ses compagnons jésuites et commence à préparer ce voyage. Reparti vers Malacca, il est abandonné par les marchands et soldats portugais et, arrivé à Sancian en août 1552, avec pour seuls compagnons un frère jésuite et deux serviteurs (un Indien et un Chinois), il y attend en vain un bateau pour passer sur le continent et entrer en Chine. Malade, il meurt emporté par une fièvre sur l’île de Sancian le 3 décembre 1552.

Il faudra attendre l’arrivée de Matteo Ricci trente ans plus tard pour voir les premiers succès des jésuites en Chine. Là où François Xavier tentait de s’adresser au peuple, l’une des clefs de la réussite de Matteo Ricci fut de parvenir à s’approcher du pouvoir. Il fut le premier étranger admis dans la Cité interdite, à la cour de l’empereur Wanli, sans toutefois rencontrer l’empereur. Ses connaissances scientifiques, notamment en astronomie et en mathématiques, lui attirèrent les faveurs de l’empire.
Sa maîtrise du mandarin et de la culture chinoise lui permirent de toucher, puis de convertir des membres de l’élite chinoise.

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(eda/sl)