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Asie du Nord-Est - Chine

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Un évêque de Hongkong à la tête du diocèse de Macao

Un évêque de Hongkong à la tête du diocèse de Macao

25/01/2016

Samedi 23 janvier, un millier de personnes ont pris place dans la cathédrale Notre-Dame de la Nativité à Macao pour le 440e anniversaire de l’érection du diocèse catholique de l’ancienne colonie portugaise. Mais plus encore que cette date-anniversaire, les fidèles et les personnalités réunis dans ...

... la cathédrale étaient venus pour prendre part à la messe d’installation du nouvel évêque : en prenant la succession de Mgr Jose Lai Hung-seng, Mgr Stephen Lee Bun-sang, jusqu’ici évêque auxiliaire de Hongkong, est devenu le 26e évêque de ce diocèse à la riche histoire.

Le 16 janvier dernier, lorsque le Saint-Siège a annoncé la démission, pour raison de santé, de Mgr Lai, âgé de 70 ans, et la nomination de Mgr Lee, 59 ans, la surprise a été de taille. Si Mgr Lee est le troisième Chinois à prendre la tête du diocèse de Macao, c’est la première fois que le pape transfère un évêque de Hongkong pour le nommer à Macao.

Mgr Lee fait partie des trois évêques nommés en juillet 2014 et ordonnés, deux mois plus tard, pour assister en tant qu’évêques auxiliaires le cardinal John Tong Hon, évêque en titre de Hongkong depuis 2009. Le communiqué du Saint-Siège du 16 janvier était rédigé ainsi : « Ces dispositions pontificales [la démission de Mgr Lai et la nomination de Mgr Lee] expriment le souci pastoral et l’amour du pape François et du Saint-Siège envers l’Eglise en Chine et, d’une manière toute particulière, envers le diocèse de Macao qui est, depuis plus de quatre siècles, un pont entre la culture et la foi catholique de l’Orient et de l’Occident. »

A des prêtres de Hongkong réunis le 16 janvier, Mgr Lee Bun-sang n’avait pas caché que la nouvelle avait été, pour lui aussi, « une surprise ». « Les choses sont allées si rapidement. J’ai appris le choix du Saint-Père il y a une semaine environ et la semaine prochaine, je dois partir à Macao. Je n’ai même pas fait mes bagages », avait-il commenté, non sans ajouter que si Hongkong allait lui manquer, sa foi le menait là où ses services étaient demandés, rapporte le Sunday Examiner, journal du diocèse de Hongkong.

Agé de 59 ans, évêque depuis à peine un an et demi, Mgr Lee a été baptisé dans la foi catholique à l’âge de 19 ans. Alors étudiant, il allait partir à Londres afin d’y poursuivre des études d’architecture. C’est dans la capitale britannique qu’il fait la rencontre de l’Opus Dei, dont il devient un « numéraire » (engagé à vie au célibat, à la pauvreté et à l’obéissance). Diplômé en architecture, il entre au séminaire et étudie au Collège de la Sainte-Croix, université de l’Opus Dei, à Rome, où il est ordonné prêtre en 1988. Poursuivant ses études à l’Université de Navarre, en Espagne, il obtient un doctorat de droit canon avec une thèse intitulée : « Relaciones Iglesia-Estado en Republica Popular China ». De retour en 1990 à Hongkong, il prend, après quelque temps, la tête d’une importante école catholique de Kowloon, la Tak Sun School, école animée par l’Opus Dei. Membre de l’officialité du diocèse de Hongkong, il est également impliqué dans diverses commissions diocésaines (famille, éducation catholique, laïcs, liturgie et bioéthique).

Mgr Lee arrive à Macao, diocèse dont l’une des deux langues officielles est, avec le cantonais, le portugais. Il a immédiatement déclaré que l’une de ses priorités serait d’apprendre le portugais et que sa maîtrise de l’espagnol l’y aiderait sans doute ; il a ajouté qu’il ne connaissait pas particulièrement le diocèse mais qu’il consacrerait ses premières rencontres aux prêtres, aux institutions de l’Eglise locale ainsi qu’aux fidèles. Si le diocèse de Macao est prestigieux de par son histoire (le diocèse catholique de Macao a été établi le 23 janvier 1576 par le pape Grégoire XIII et sa juridiction s’étendait alors à la Chine, au Japon, au Vietnam et à la Malaisie), aujourd’hui, il n’est plus qu’un relativement « petit » diocèse, marqué par un certain affaiblissement.

Aujourd’hui, le diocèse de Macao couvre la totalité du territoire de la Région administrative spéciale (RAS) de Macao, soit 29,5 km² pour un peu plus de 580 000 habitants. Selon les statistiques officielles, les catholiques représentent 5,1 % de la population de Macao, soit 29 000 catholiques dont 60 % sont des Chinois et le reste des Macanais (descendants des Portugais installés sur place).

Interrogée par l’agence Ucanews à la sortie de la messe d’installation du 23 janvier, Maria Chan, paroissienne âgée d’une vingtaine d’années, témoigne : « De nombreuses paroisses manquent de vitalité. De moins en moins de jeunes viennent à la messe. Nous espérons que le nouvel évêque pourra renforcer notre sentiment d’appartenance à l’Eglise. » D’autres fidèles soulignent la relative faiblesse numérique du clergé local, avec 23 prêtres diocésains, une soixantaine de prêtres religieux et très peu de séminaristes (le séminaire Saint-Joseph de Macao a fermé ses portes en 1994 faute d’étudiants et les rares séminaristes vont étudier à Hongkong).

Le 23 janvier, parmi les personnalités présentes dans la cathédrale, se trouvait Raimundo Arrais do Rosario, secrétaire aux transports et aux travaux publics dans le gouvernement local. La veille, le chef de l’exécutif de Macao, Fernando Chui Sai-on, avait reçu Msgr Lai et Lee à son bureau, rappelant notamment que la Loi fondamentale de la RAS de Macao (1) garantissait la liberté religieuse et qu’il espérait bien que la coopération de l’Eglise et des autorités locales dans les domaines de l’éducation, du travail social et des œuvres humanitaires se poursuivrait.

(eda/ra)

Notes

(1) Depuis sa rétrocession à la République populaire de Chine par le Portugal en 1999, la Région administrative spéciale (RAS) de Macao bénéficie, comme Hongkong, d’un régime spécifique selon le principe « un pays, deux systèmes ». Une Loi fondamentale y garantit le maintien du système institutionnel et du mode de vie antérieurs de Macao pour une période de 50 ans.
La Loi fondamentale de Macao laisse une plus large part aux remaniements ultérieurs que celle de Hongkong. Par exemple, elle ne stipule pas, comme à Hongkong, que l’instauration du suffrage universel représente l’objectif ultime du développement constitutionnel. Quant au Code pénal, hérité de la période portugaise, il ne couvre que « les délits à l’encontre du territoire » et non pas ceux à l’encontre de l’Etat, comme l’envisage l’article 23 de la Loi fondamentale.