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Asie du Nord-Est - Chine

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Le Bureau des Affaires religieuses publie un plan d’action inacceptable pour le Saint-Siège

Le Bureau des Affaires religieuses publie un plan d’action inacceptable pour le Saint-Siège

23/01/2015

Au moment même où le ministère chinois des Affaires étrangères et la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège laissaient entendre que les négociations entre le Saint-Siège et la Chine au sujet d’une normalisation de leurs relations étaient en bonne voie, un plan d’action pour 2015 de l’Administration d’Etat pour ...

... les Affaires religieuses douche les espoirs de ceux qui escomptaient une issue positive à ces négociations. Plusieurs points de ce plan d’action ne pourront que susciter une réaction de rejet de la part de Rome.

Le plan d’action a été publié le 15 janvier dernier sur le site Internet de l’Administration d’Etat des Affaires religieuses (ex-Bureau des Affaires religieuses), rapporte l’agence Ucanews. Selon Wang Zuoan, directeur de cette administration chargée de superviser l’ensemble des activités religieuses en Chine, il est le résultat d’une rencontre tenue à Pékin les 26 et 27 décembre derniers qui a réuni les responsables religieux au plan national. « 2015 sera une année très importante pour le travail religieux », y précise Wang Zuoan.

Dans le langage typique de cette d’administration, Wang Zuoan précise que ce travail « devra être mené selon la réglementation religieuse en vigueur, afin de promouvoir l’Etat de droit et de prendre en considération l’opinion des fidèles dès lors qu’il s’agira de mettre en œuvre les directives et les politiques religieuses du gouvernement central ». Parmi les questions prioritaires figurent le soutien dû à l’Association patriotique des catholiques chinois et à la Conférence des évêques « officiels » pour mener à bien l’élection et l’ordination « indépendantes » des évêques catholiques.

En mettant ainsi en avant le caractère « indépendant » du mode de sélection des évêques et de leur ordination, l’Administration d’Etat des Affaires religieuses touche à un point nodal des relations entre la Chine et le Saint-Siège. Rome demande qu’in fine, quel que soit le mode qui sera retenu pour choisir les futurs évêques de l’Eglise qui est en Chine, ce soit le Saint-Père, garant de l’unité de l’Eglise universelle, qui ait le dernier mot quant aux personnes choisies et à leur ordination. Dans le document mis en ligne ce 15 janvier, Pékin indique que les ordinations « indépendantes », tenues pour « illicites » par Rome car menées sans le consentement du pape, reprendront cette année.

Depuis les dernières ordinations épiscopales en date, celles de 2012, plusieurs sièges épiscopaux vacants doivent être pourvus. Pour certains d’entre eux, des candidats ont déjà été choisis mais ils n’ont pas recueillis l’assentiment de Rome. C’est le cas notamment du P. Joseph Tang Yuange à Chengdu, « élu » en mai dernier pour devenir le futur évêque du lieu mais dont l’éventuelle future ordination épiscopale n’a pas été approuvée par le pape.

En plus de cette poursuite des ordinations illicites, le plan d’action annoncé prévoit que cette année 2015 verra « la convocation de l’Assemblée nationale des représentants catholiques, afin de renforcer le leadership et de promouvoir la démocratie dans le fonctionnement de l’Eglise catholique ». Cette assemblée, qui se réunit tous les cinq ans, est sensée se situer au-dessus des deux instances que sont l’Association patriotique et la Conférence épiscopale ; rassemblant les évêques, des prêtres et des laïcs, elle constitue en théorie l’instance suprême de direction de l’Eglise en Chine. En 2010, à l’occasion de la précédente session de cette assemblée – la huitième du genre –, le Saint-Siège avait fait part de « sa profonde douleur » face à des actes qualifiés d’« inacceptables et hostiles », demandant au clergé et aux fidèles de ne pas y prendre part.

Enfin, dans une démarche qui est présentée comme visant à promouvoir la règle du droit et l’effort national de lutte contre la corruption, le plan d’action annonce que l’administration va accroître la surveillance de tous les personnels religieux desservant les lieux de culte, et va demander accès aux comptes bancaires de l’ensemble des instances religieuses. Il est aussi précisé que la collation des diplômes sera supervisée par le Séminaire national à Pékin.

Si, pour l’heure, aucun commentaire ou réaction n’a été communiqué par le Saint-Siège, il semble, à l’évidence, que le plan d’action tel qu’il a été présenté ce 15 janvier est inacceptable pour Rome. S’il surgit aujourd’hui, tel un nouvel accroc aux difficiles relations sino-vaticanes, il vient conforter la politique des Affaires religieuses et de l’Association patriotique, deux instances qui ont toujours affirmé leur volonté de nommer les évêques chinois de l’Eglise catholique sans le consentement de Rome.

(eda/ra)