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Asie du Nord-Est - Chine

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A la veille de l’année du Cheval, Mgr Ma Daqin s’exprime sur Weibo

A la veille de l’année du Cheval, Mgr Ma Daqin s’exprime sur Weibo

30/01/2014

Cantonné dans une retraite forcée au séminaire de Sheshan, Mgr Ma Daqin a posté un message, aujourd’hui 30 janvier, sur son compte Weibo, équivalent local de Twitter. A la veille de la célébration de la fête du printemps (‘Nouvel An lunaire chinois’) et de l’entrée dans l’année sous le signe du cheval, l’évêque de Shanghai, toujours empêché ...

... d’exercer son ministère épiscopal par les autorités chinoises, a « rendu grâce » pour l’année écoulée et prié Dieu de « sauter dans la nouvelle année avec joie et dans paix ».

« Seigneur, aujourd’hui [30 janvier 2013] est le dernier jour de l’année lunaire. Merci Seigneur pour les grâces sans nombre de l’année écoulée. Nous te prions de nous mener dans la paix et la joie afin de sauter sereinement dans la nouvelle année », écrit Mgr Ma Daqin, dont le patronyme, Ma, signifie ‘cheval’. L’évêque cite également dans sa prière les versets 24 et 25 du chapitre 16 de l’Evangile selon saint Matthieu : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. »

A l’heure où l’ensemble du monde sinisé s’apprête à quitter l’année du Serpent pour entrer dans l’année de Cheval, l’identité entre le nom de l’évêque de Shanghai et le signe sous lequel est placée la nouvelle année a été l’occasion de jeux de mots et de clins d’œil destinés à signifier le soutien de membres de la communauté catholique à l’évêque, qui est retenu en résidence surveillée depuis le jour de son ordination épiscopale, le 7 juillet 2012.

Ainsi que le rapporte l’agence AsiaNews, sur les blogs et sur les réseaux sociaux où s’expriment les catholiques, les échanges portant les formules et les souhaits populaires se multiplient, tels que 马 年 安康 (Ma Nian An Kang - ‘Paix et bonne santé pour l’année du Cheval’). Sur ces réseaux, des catholiques établissent un lien subtil entre le nom de Mgr Ma Daqin (马达钦) et l’expression traditionnelle Ma Dao Cheng Gong (马到成功), en jouant sur la proximité sonore des deux premiers caractères. Ma Dao Cheng Gong signifiant ‘Le cheval mène au succès’ ou bien ‘Le cheval atteint le succès’, ils expriment ainsi leur souhait de voir l’année du Cheval être favorable et auspicieuse à Mgr Ma Daqin, qui paye de sa liberté l’audace dont il a fait preuve le jour de son ordination épiscopale. En déclarant publiquement se démettre des fonctions qui étaient les siennes au sein de l’Association patriotique, l’évêque de Shanghai avait, par ce geste, signifié que son allégeance première allait, en tant que responsable de l’Eglise catholique, au pape et aux catholiques de Shanghai.

En écho à cette année 2013 qui s’achève sans avoir vu de progrès significatif dans les contacts entre la Chine et le Saint-Siège, la même agence AsiaNews a publié le 27 janvier une interview du cardinal Zen Ze-kiun, évêque émérite de Hongkong. Avec le franc-parler qui le caractérise, le cardinal Zen salue le travail entamé par le nouveau secrétaire général du Parti communiste chinois, Xi Jinping, en matière de lutte contre la corruption et en faveur d’un exercice plus frugal du pouvoir, mais il précise que ce travail de renforcement de l’autorité du Parti ne s’accompagne d’aucune ouverture en matière doctrinale. Le cardinal décrit une situation où le pouvoir en place à Pékin semble n’avoir pour seul objectif, en ce qui concerne la vie de l’Eglise catholique en Chine, « que de forcer nos évêques et nos prêtres à trahir leur conscience et la foi qui les anime ». Et Mgr Zen d’interpeller les dirigeants chinois en ces termes : « Où est la gloire à réduire [les évêques et les prêtres] qui sont des citoyens chinois à l’état d’esclaves ? Est-ce là une victoire dont il y a lieu de s’enorgueillir ? Non, on ne peut qu’être honteux de cela. En dépit du pouvoir que confère à notre pays sa prospérité financière nouvellement acquise, [une telle politique] ne fait que déshonorer notre nation. »

(eda/ra)