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Asie du Nord-Est - Chine

Des dizaines de chrétiens de l’Eglise de Shouwang ont passé les fêtes de Pâques en prison [ Bulletin EDA n° 550 ]

26/04/2011

Les chrétiens de l’Eglise domestique protestante de Shouwang qui ont bravé l’interdiction des autorités et tenté de se rassembler pour célébrer l’office de Pâques en plein air, ont été arrêtés par les forces de l’ordre, dimanche 24 avril dernier.

Depuis trois dimanche consécutifs, les protestants de l’Eglise de Shouwang, l’une des Eglises domestiques les plus importantes de Pékin, dans le district de Haidan, poursuivent un bras de fer médiatisé avec le gouvernement, tentant malgré les interdictions et les arrestations qui se multiplient, de se réunir dans un lieu public pour leurs célébrations dominicales et, dimanche dernier, pour la fête de Pâques (1). L’Eglise domestique, qui compte plus de 1 000 membres, n’a plus accès à son lieu de culte depuis plusieurs semaines, le propriétaire du local ayant mis terme au bail sous la pression des autorités.

Plus de 170 chrétiens avaient été arrêtés lors de la première tentative de rassemblement sur le site de Zhongguancun le 10 avril, puis une cinquantaine le dimanche suivant, les fidèles arrêtés la semaine précédente ayant quant à eux été assignés à résidence et surveillés par la police. Malgré les risques encourus, les pasteurs de l’Eglise de Shouwang avaient appelé leurs fidèles à se réunir pour célébrer l’office de Pâques le dimanche 24 avril au même endroit que les fois précédentes.

Le choix du complexe commercial de Zhongguancun n’est pas anodin et explique, entre autres, le lien que les autorités font entre les troubles issus du « printemps arabe » et le développement des Eglises domestiques en Chine, qualifié d’« inquiétant » par la presse officielle. La place au pied de l’immeuble Zhongguang a en effet servi ces derniers temps de point de ralliement à des « rassemblements du jasmin », à l’appel de différents militants des droits de l’homme et autres protestataires issus des milieux intellectuels ou artistiques.

Ce dimanche de Pâques, d’importants effectifs de police avaient été déployés tôt dans la matinée dans tout le quartier de Zhongguancun en prévision de l’office prévu à 8 h 30 par l’Eglise de Shouwang. Selon différentes sources, alors que quelque 500 membres de l’Eglise domestique avaient été assignés à résidence par la police, une trentaine de fidèles qui avaient réussi à gagner le lieu de rendez-vous ont été arrêtés par les forces de l’ordre avant même l’heure du rassemblement.

La BBC a diffusé des images où l’on voit des policiers en civil arrêter des « personnes suspectes » se dirigeant vers Zhongguancun ou s’assemblant pour prier, et les entasser de force dans des cars. Selon ChinaAid, une ONG établie aux Etats-Unis qui a pour but de dénoncer les atteintes aux droits de l’homme en Chine, les membres de la communauté arrêtés au matin du 24 avril ont été emmenés pour interrogatoire dans différents postes de police.

« En agissant ainsi, a déclaré le Rév. Bob Fu, fondateur et président de ChinaAid, dans un communiqué daté du 24 avril, le gouvernement chinois montre à nouveau son mépris total pour les libertés fondamentales de tout citoyen que sont la liberté religieuse et la liberté de réunion. Nous continuons d’appeler le monde libre à rester solidaire des croyants persécutés en Chine. »

Ce dimanche pascal, les pasteurs de l’Eglise de Shouwang, dont le Rév. Jin Tianming, son principal dirigeant et fondateur, étaient toujours assignés à résidence, ainsi que tous les membres de la chorale de Shouwang, la plus réputée de toutes les Eglises domestiques de Pékin. Depuis plus de deux semaines, aucun des dirigeants, pasteurs, laïcs ou responsables de la liturgie n’ont pu quitter leur domicile.

Toujours selon ChinaAid, d’autres communautés chrétiennes auraient fait les frais de la répression dirigée contre les Eglises chrétiennes non enregistrées auprès des autorités qui sévit actuellement en Chine, comme à Canton où se trouve la communauté du Rév. Samuel Lamb (ou Lin Xiangao), 86 ans, pasteur connu pour être régulièrement arrêté par les autorités ou encore à Hohhot, où « plus d’une douzaine » de responsables d’Eglises auraient été emprisonnés afin d’empêcher la célébration des fêtes de Pâques.

Notes

(1) Voir dépêche diffusée par EDA le 19 avril 2011