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Asie du Nord-Est - Chine

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Aucun évêque catholique du continent chinois ne participera au prochain Synode des évêques à Rome [ Bulletin EDA n° 491 ]

16/09/2008

Dans la liste rendue publique par le Vatican des participants à la XIIème Assemblée générale du Synode des évêques (1), les noms de trois évêques chinois figurent mais aucun de ceux des évêques de l’Eglise catholique en Chine continentale. En dépit de la volonté du Saint-Siège d’intégrer autant que faire se peut l’Eglise de Chine dans la vie de l’Eglise universelle, les négociations menées entre Pékin et le Vatican au sujet des évêques invités à participer à cette assemblée n’ont pas abouti.

Parmi les 18 cardinaux, cinq archevêques, sept évêques et deux prêtres désignés par le pape Benoît XVI pour prendre part à ce synode, qui aura lieu à Rome du 5 au 26 octobre prochains et auquel participeront également des experts, des auditeurs et des représentants des conférences épiscopales et des congrégations religieuses, on trouve le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, évêque de Hongkong, Mgr Jose Lai Hung-seng, évêque de Macao, et Mgr Peter Liu Cheng-chung, évêque de Kaohsiung, à Taiwan ; Agnes Lam Kam-ling, laïque et présidente de l’Association biblique catholique de Hongkong, fait aussi partie des délégués nommés par le pape.

 

La XIIème Assemblée du Synode des évêques, convoquée par le pape en octobre 2007, aura pour thème : « La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Eglise » ; elle s’inscrit à la suite de celle d’octobre 2005 sur « l’Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise ». On se souvient qu’en 2005, Benoît XVI avait nommé quatre évêques du continent chinois parmi les délégués du synode, une décision alors présentée comme « un geste d’ouverture et de bonne volonté » envers la Chine (2). Cette fois-ci, il semble que les négociations, menées par voie diplomatique, entre le Saint-Siège et Pékin pour la mise au point d’une liste de noms d’évêques ou de personnalités à inviter à Rome ont échoué.

 

En 2005, Mgr Luke Li Jingfeng, évêque « officiel » du diocèse de Fengxiang et évêque en communion avec Rome, était l’un des quatre évêques invités par le pape. A l’agence Ucanews, il a confié ce 12 septembre que des représentants des autorités étaient venus lui rendre visite à la fin du mois d’août dernier, « soucieux du fait de savoir si le Saint-Siège [l]’avait invité pour le synode à venir ». Mgr Luke Li a répondu à ses hôtes qu’il s’attendait à ce que le pape invite des évêques du continent chinois comme il l’avait fait en 2005, étant donné que la Chine compte plusieurs millions de catholiques. Et il a ajouté qu’il n’avait cette fois-ci reçu aucun message du pape en ce sens, ce à quoi les représentants des autorités chinoises ont répondu qu’il était « impossible » pour lui de se rendre à Rome.

 

Mgr Joseph Wei Jingyi, évêque « clandestin » de Qiqihar, figurait lui aussi parmi les quatre évêques choisis en 2005. Il y a quelques semaines il disait qu’il espérait bien qu’il ne serait pas invité de nouveau car l’invitation de 2005 avait été la cause de bien des soucis : rejet d’une demande de passeport, contrôle resserré de la police sur ses déplacements, etc.

 

Les deux autres évêques invités en 2005 étaient Mgr Aloysius Jin Luxian, évêque « officiel » de Shanghai, et Mgr Anthony Li Du’an, évêque « officiel » de Xi’an. Tous deux sont reconnus par Rome. Décédé en 2006, Mgr Li Du’an racontait qu’en 2005, les autorités lui avaient dit qu’il serait difficile pour lui d’aller à Rome en raison de l’absence de relations diplomatiques entre la République populaire de Chine et le Saint-Siège.

Notes

(1) Le Synode des évêques a été institué par Paul VI par le motu proprio Apostolica sollicitudo du 15 septembre 1965. C’est à l’Angélus du dimanche 22 septembre 1974, que Paul VI lui-même donna la définition du Synode des évêques : « C’est une institution ecclésiastique que nous avons établie après le Concile Vatican II, en interrogeant les signes des temps, et surtout en cherchant à interpréter en profondeur les desseins divins et la constitution de l’Eglise catholique, afin de favoriser l’union et la collaboration des évêques du monde entier avec ce Siège Apostolique, à travers une étude commune des conditions de l’Eglise et la solution concordante des questions concernant la mission de cette dernière. Il ne s’agit pas d’un Concile, ni d’un Parlement, mais d’un Synode d’une nature particulière. » (source : site Internet du Vatican) (2) Voir EDA 425, 426, 428.