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Bulletin EDA n° 462 du 01/05/2007
Pour l’agence Ucanews (2), le jésuite indien Felix Machado, qui a travaillé durant un peu moins de quinze ans en tant que sous-secrétaire de ce dicastère romain, a détaillé la signification de ce message, centré, cette année, sur un appel aux bouddhistes comme aux chrétiens à éduquer les fidèles de ces deux religions au dialogue et à une vie dans la paix et l’harmonie.
Le P. Machado rappelle que c’est en 1999, lors d’une rencontre interreligieuse organisée au Vatican à la veille de Jubilé de l’an 2000, que 250 délégués des grandes religions ont « unanimement fait leur l’idée que les différentes religions devaient encourager et former leurs fidèles au dialogue ». Une urgence que Jean-Paul II reprendra dans la lettre apostolique Novo Millenio Ineunte, publiée à l’Epiphanie 2001. Le jésuite indien explique que, « de notre expérience au Conseil pontifical, nous savons qu’il ne suffit pas seulement de dire aux catholiques que l’Eglise a opté pour le dialogue. Nous avons à former, à éduquer les fidèles au dialogue ». Sur le fond, les catholiques « doivent être pédagogiquement instruits du fait que le dialogue émerge de notre propre foi » ; on doit aussi leur expliquer « ce que dialoguer signifie et ne signifie pas », poursuit le P. Machado, ajoutant qu’il est nécessaire de les aider à « comprendre comment éviter d’être manipulés par des forces extérieures et comment ne pas perdre la dimension religieuse qui est au cœur de ce dialogue ».
Commentant le passage du message du cardinal Poupard consacré à la responsabilité sociale des médias, le P. Machado souligne qu’il n’est pas rare que de véritables campagnes de haine soient montées contre les chrétiens ou les fidèles des autres religions et que de fausses informations soient ainsi propagées. « Dans le monde d’aujourd’hui, il y a une urgence à donner aux gens une information de qualité. Dans le cas contraire, le risque est de voir se renforcer les préjugés et les fausses nouvelles, répandus par certains médias ou ceux qui sont à l’origine de ces campagnes. » Dans un texte contexte, éduquer, former les communautés au dialogue interreligieux est « la nécessité du temps présent ».
De son expérience passée au Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, le jésuite affirme que les bouddhistes apprécient toujours le message annuel à l’occasion de Vesakh. « Ils le prennent au sérieux, le lisent et beaucoup envoient un message de remerciement. » De même, les Eglises locales, dans un certain nombre de pays, « nous encouragent à continuer dans cette voie ».
(1) La fête de Vesakh (Vesak) est célébrée dans un certain nombre de pays en Asie où les communautés bouddhistes sont plus ou moins importantes. Le jour de cette fête varie toutefois selon l’appartenance de ces communautés à telle ou telle branche du bouddhisme ainsi qu’en fonction des traditions locales. Ainsi, cette année, Vesakh sera fêté le 2 mai au Bangladesh, au Cambodge, en Inde, en Malaisie, en Birmanie et au Népal, le 24 mai à Hongkong et en Corée du Sud. Au Laos, à Singapour et en Thaïlande, ce sera le 31 mai, et en Indonésie, le 1er juin. En Chine, au Japon, à Taiwan et au Vietnam, où le bouddhisme a une longue histoire, Vesakh n’est pas une fête inscrite au calendrier officiel.
Au fil des siècles, les bouddhistes ont formé trois principales écoles distinctes, reflétant différentes approches de l’enseignement de Bouddha. Le bouddhisme Theravada, qui affirme embrasser « ce qui a été dit par les anciens », domine au Cambodge, au Laos, en Birmanie, au Sri Lanka, en Thaïlande et au Vietnam. Le bouddhisme Mahayana, dit ‘du Grand Véhicule’, est présent en Chine, au Japon et en Corée. Le bouddhisme Vajrayana ou bouddhisme tibétain mêle le culte des esprits et des morts au mysticisme bouddhique. Dans la tradition Theravada, Vesakh marque non seulement la naissance de Gautama mais aussi l’illumination et la mort de Bouddha, événements célébrés séparément dans la tradition Mahayana.
(2) Ucanews, 26 avril 2007